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pepere

Croisement naturel BCC BCI

Messages recommandés

Un croisement naturel est il possible entre deux sous éspèces de boa constrictor ?

 

Entre autre BCC et BCI ?

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salut

 

oui c'est possible, mais c'est mieux BCC avec BCC et BCI avec BCI.

(c'est mon avis, comme moi je le fais)

 

Mais tu peux le faire mais tu n'aura plus de vraie BCC ou BCI si tu les croisent.

 

Snake

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Il parlait de croisements naturels :wink:

 

Etant donné que c'est possible dans la nature et que l'aire de répartition des espèces se recoupe, je ne vois rien qui s'y oppose ...

 

Les hybridations dans la nature sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne le pense, même entre espèces relativement éloignées :D Mais c'est sur le papier que je dis ça et j'ai jamais été cherché en amérique du sud pour voir s'il y avait des hybrides :wink:

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Cela signifierait donc que même sur un specimen sauvage, on peut s'intérroger de la pureté de la sous éspèce...

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Slt, oui mtn on n'est plus sur d'auncune souche,... enfin il y'a tjr moyen de savoir, mais il arrive que les dessin sur le corps ne change pratiquement pas donc pas facile à reconnaitre à première vue.

Personellement je te deconseille de faire accoupler un BCC ac un BCI, car on s'éloigne trop de l'éspèce initial, (c'est comme les chiens deux races différentes donne un batard, si tu accouple deux batard ensemble tu t'éloigne encore et encore de la race de départ impossible de récupérer un pedigree et donc on "ne suis pas le droit chemin") voilà ses mon avis je pense que je ne suis pas eul à penser cela...

voilà.

amicalement anima.

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Bin oui l'hybridation naturelle est possible, mais c'est dommage...

 

Ha ces reptiles, ils ne pensent pas à nous, pauvres terrariophiles à la recherche de souches pures. ils ne pensent même pas à la survie de leur espèce

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La cohabitation de plusieurs sous espèces de boas constrictors sur des mêmes aires de répartition.

 

Leur capacité à garder des rangs distincts m'interroge dans la mesure où en captivité les croisement BCC BCI sont courants.

 

Que sait on réellement ; l'animal dans la nature ferait il la différence?

 

Il y a forcement une explication....

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Oui, l'hypothèse des phéromones n'est pas mauvaise. Il se peut que les BCC et BCI ne répondent pas aux phéromones des autres espèces, ce qui diminuerait la probabilité de rencontre entre individus d'espèces différentes ... (C'est sur la théorie que je dis ça, après en pratique, il y'a peut être d'autres explications :wink: ).

 

Mais si par hasard, un male BCC croise une femelle BCI qui est en chaleur, ben je le vois mal passer son chemin :wink:

En terrariums, le BCC et le BCI sont ensemble 365 jours par an donc il arrive ce qu'on sait :wink:

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il est clair qu'ils arrivent a se différencier, si non, depuis le temps qu'elles existent, ces 2 sous especes n'en feraient plus qu'une !

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allez les gars, inutile de se disputer sur un tel sujet !

 

N'oublions pas que les sous espèces sont le fait des hommes !

 

Un jour, un scientifique bien inspiré se prommenant en forêt amazonienne tombe accidentellement sur un spécimen quelque peu différent du standard de l'espèce. Alors il le capture, en attrape 2,3,5,10 et de retour dans son labo quelque part au fin fond de la Nouvelle Angleterre, commence son dure labeur qui consiste entre autre, à compter les écailles et à trouver les différences notables entre ces nouveaux spécimens et les autres. Et comme souvent il a envie de faire plaisir à son ego ou dans le meilleur cas à un ami cher, il pubie sa découverte et propose une nouvelle sous-espèce.

Si par bonheur son avis est suivi par le reste de la communauté scientifique, alors la nouvelle sous-espèce est validée. Le chercheur fixera alors de façon plus ou moins aléatoire la limite de l'aire de répartition de la nouvelle sous-espèce.

Mais qu'en est-il sur le terrain ??? comment les individus s'identifient-ils ? Pensez-vous réellement qu'ils demandent à leurs congénaires de présenter un quelconque certificat d'origine ??? ...une carte de répartition ??? Selon les spécialistes, on trouve une nouvelles sous-espèces de Bothrops au Brésil quasiment tous les 100 kilomètres !

 

A n'en pas douter, surtout dans les zones de recoupement, des individus de sous-espèces différentes s'accouplent et se reproduisent sans problèmes. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ?

 

En captivité, je ne vois aucun mal à tenter des hybridations, pour autant que l'on conserve l'information et que l'on affiche ouvertement qu'il s'agit d'hybrides (d'ailleurs rarement stériles) entre telle et telle espèce ou entre telle et telle sous-espèce.

Alors, les souches pures seront préservées.

 

Mais tout de même, ne serait-il pas trés étonnant, que la nature n'est pas pensé à faire ces mêmes croisements avant qu'un terrarriophile n'y pense ?

 

Pr.P.

 

:wink:

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allez les gars, inutile de se disputer sur un tel sujet !

 

N'oublions pas que les sous espèces sont le fait des hommes !

 

Un jour, un scientifique bien inspiré se prommenant en forêt amazonienne tombe accidentellement sur un spécimen quelque peu différent du standard de l'espèce. Alors il le capture, en attrape 2,3,5,10 et de retour dans son labo quelque part au fin fond de la Nouvelle Angleterre, commence son dure labeur qui consiste entre autre, à compter les écailles et à trouver les différences notables entre ces nouveaux spécimens et les autres. Et comme souvent il a envie de faire plaisir à son ego ou dans le meilleur cas à un ami cher, il pubie sa découverte et propose une nouvelle sous-espèce.

Si par bonheur son avis est suivi par le reste de la communauté scientifique, alors la nouvelle sous-espèce est validée. Le chercheur fixera alors de façon plus ou moins aléatoire la limite de l'aire de répartition de la nouvelle sous-espèce.

Mais qu'en est-il sur le terrain ??? comment les individus s'identifient-ils ? Pensez-vous réellement qu'ils demandent à leurs congénaires de présenter un quelconque certificat d'origine ??? ...une carte de répartition ??? Selon les spécialistes, on trouve une nouvelles sous-espèces de Bothrops au Brésil quasiment tous les 100 kilomètres !

 

A n'en pas douter, surtout dans les zones de recoupement, des individus de sous-espèces différentes s'accouplent et se reproduisent sans problèmes. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ?

 

En captivité, je ne vois aucun mal à tenter des hybridations, pour autant que l'on conserve l'information et que l'on affiche ouvertement qu'il s'agit d'hybrides (d'ailleurs rarement stériles) entre telle et telle espèce ou entre telle et telle sous-espèce.

Alors, les souches pures seront préservées.

 

Mais tout de même, ne serait-il pas trés étonnant, que la nature n'est pas pensé à faire ces mêmes croisements avant qu'un terrarriophile n'y pense ?

 

 

Pr.P.

 

:wink:

 

 

Vraiment interressant

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il ne faut pas perdre de vue que l'hybridation "naturelle fait aussi partie de l'evolution des especes a un certain degré.

je ne preche pas pour l'hybridation loin de la mais il faut garder un esprit ouvert

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En fait, sur la carte il y a des localités qui sont "endemiques" a certaines especes ou sous especes.

 

les imperators sont plus en colombie,mexique et d'autres iles comme chacun le sait, les constrictor constrictor sont plus sur le perou, guyane ou guyana, bresil,ou surinam.

leur aires de repartition sont assez differantes et ne se croisent pas forcement.

Les boas constrictors sont des animaux qui ne possedent pas un enorme territoire en general, et leur migrations sont tres tres rares (voir improbables).

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Salut

 

Generalement les sous-especes sont séparés par des frontières naturelles, ce qui empeche l'hybridation entre sous-espèces. Sauf dans le cas ou les frontieres naturelles sont pas bien définis, il est possible qu'il y ai des hybridations entre sous-especes. La cordillère des Andes sépare generalement bien les Boa constrictor constrictor des Boa constrictor imperator. Mais entre Boa constrictor amarali et Boa constrictor constrictor, il y a certains endroits entre le Brésil et la Bolivie ou la frontiere naturelle n'est pas bien défini. Pareil pour Boa constrictor ortonii et Boa constrictor longicauda, il y a des endroits ou la frontiere naturelle n'est pas tres bien définis et il se pourrait qu'il y ai une possibilité d'hybridations de certains specimens dans certains endroits (sans confirmer, faut encore étudier sur le champs).

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Le classement par espèces et sous-espèces est le seul fait de l'homme !!

 

Un Bci colombien est en réalité peut-être plus proche d'un Bcc que d'un Bci hog island ou mexicain ...

 

Les croisements sont naturels, surtout entre sous-espèces dont la différenciation est aussi peu aisée, car ne perdons pas de vue que les critères de reconnaissance tels que motifs, couleurs, contraste, taille ... ne sont peut-être pas aussi différents dans la nature qu'en captivité...

Car la captivité engendre toujours une évolution des sujets captifs différente de celle que connaissent les spécimens sauvages.

 

N'oubions pas qu'en choisissant des Bcc à la queue bien rouge, par exemple, nous réalisons (souvent sans le savoir) une sélection qui n'est pas naturelle et qui, par conséquent amènera peut-être les sujets captifs à se différencier des autres, restés sauvages.

 

 

[align=center]les animaux sauvages captifs peuvent-ils rester " naturels " ?[/align]

 

 

 

par Alain Zecchini

10 rue Rubens, 75013 Paris

 

L'ontogenèse perturbée

Stress et bien-être

Des populations réduites

90% de la variation génétique sur 200 ans

Défauts héréditaires et congénitaux

La purge des allèles délétères

Quels changements évolutifs ?

La copie du vivant

 

 

 

 

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Entre sélection artificielle et sélection naturelle, les espèces animales captives dans les établissements zoologiques subissent les pressions d'un environnement largement anthropisé. La petitesse de leurs populations les rendent plus sensibles aux perturbations génétiques, leur biologie et leur éthologie peuvent subir des changements. Des variations sont-elles à attendre dans les rythmes et les modes de leur évolution ? Ces questions sont particulièrement importantes pour les espèces qui font l'objet de programmes de conservation.

La faune sauvage captive est présente dans les zoos et les parcs animaliers, les laboratoires, les établissements d'élevage et chez les particuliers. Il s'agit généralement d'espèces communes, mais aussi d'espèces menacées. La gestion de ces dernières, dans les établissements zoologiques, et le maintien de leurs caractères propres sont suivis avec attention, car les risques de leur disparition s'accroissent et des probabilités d'extinctions massives ont été avancées.

Il a notamment été souligné que si toutes les espèces de mammifères et d'oiseaux actuellement menacées disparaissaient dans le siècle en cours, et si le rythme d'extinction se maintenait, la moitié de la plupart des représentants des ordres de mammifères et d'oiseaux seraient éliminés dans les siècles suivants. Les mammifères seraient davantage touchés, car leurs ordres sont représentés par moins d'espèces et les rythmes d'extinction plus rapides que chez les des oiseaux (1). Ainsi, il faudrait attendre de 500 à 1 000 ans, avec une stabilisation de la population humaine mondiale, pour que les conditions de restauration des habitats de la faune sauvage soient réunies ; dans l'intervalle, la planète pourrait perdre de 3 à 16 millions d'espèces ; les établissements zoologiques auraient donc un rôle d'" arches " (de Noé) pour recueillir un nombre variable d'individus d'environ 2 000 espèces de vertébrés terrestres (2).

Les établissements zoologiques, depuis longtemps, ont commencé ce travail de préservation. 25 espèces proches de l'extinction ont pu ainsi être sauvées. Parmi les mammifères, le cheval de Przewalski (Equus przewalskii), le cerf du Père David (Elaphurus davidiensis), le bison d'Europe (Bison bonatus), l'oryx d'Arabie (Oryx leucoryx). Et, actuellement, de nombreuses autres espèces de différentes classes, vulnérables ou en danger dans la nature, sont concernées aussi par des programmes de conservation en captivité.

Mais le bilan global reste faible. Il n'y a pas assez d'établissements, dans le monde, ni assez de place dans chacun d'entre eux, ni assez de financements, pour toutes les espèces menacées. Et puis, l'option de la captivité n'est pas la seule. Maintenir les animaux dans leurs habitats naturels, en dépit de l'ampleur des problèmes, reste une tâche indispensable et considérée comme prioritaire.

Mais, dès lors que des espèces sont représentées en captivité, se pose la question de leur évolution dans un tel cadre, des changements qui peuvent les affecter. Surtout si l'objectif final est de procéder à des réintroductions ou des renforcements de ces espèces dans leur habitat naturel.

 

 

 

[R] L'ontogenèse perturbée

 

Comment évaluer ces changements ? Une première approche est de comparer, pour une même espèce, des individus captifs et des individus dans la nature. Cela ne va pas sans incertitudes. Outre l'insuffisance des données concernant les individus dans la nature, ceux-ci sont considérés à une certaine époque, ce qui signifie qu'il y a eu une évolution depuis l'état ancestral. La référence est donc relative. Une deuxième méthode est d'enregistrer les changements affectant une population captive sur plusieurs générations. Elle est en principe plus facile, mais à condition de connaître l'histoire de cette population. Les deux méthodes peuvent se combiner.

En captivité, l'environnement global présente des différences plus ou moins importantes avec celui de la nature. Environnement physique, d'abord : avec la contraction et l'artificialisation de l'habitat (voire du climat). Environnement biologique : la boisson et la nourriture sont fournies en permanence ; les animaux sont à l'abri des prédateurs, et aussi des agents infectieux, des maladies et des parasites naturels (ils peuvent contracter d'autres affections en captivité). Environnement social : la densité et la composition des populations, ainsi que leur reproduction, sont largement déterminées par les gestionnaires des établissements ; l'homme, qui apparaît comme une espèce à laquelle les animaux doivent s'habituer, conditionne une part certaine de leur comportement.

Tous ces facteurs peuvent influer sur la morphologie des espèces, leur physiologie et leur éthologie.

On peut tout d'abord le constater au niveau de l'ontogenèse, en particulier pour le développement du système nerveux et du système musculaire. L'embryon est sensible aux perturbations nutritionnelles et environnementales, qui peuvent influer sur la croissance de ces deux systèmes. D'autant plus que les capacités de régénération de leurs cellules sont réduites, ce qui exposera l'adulte à des handicaps de coordination neuromusculaire, par rapport à la " règle " en vigueur chez son espèce (3). Ainsi, lorsque des œufs de tortues happeuses (Chelydra serpentina) sont mis à incuber sur des surfaces sèches, au lieu des surfaces humides habituelles pour cette espèce (l'absorption d'eau est nécessaire au bon développement embryologique), les animaux, à leur naissance, présentent une hypertrophie du cœur, qui pourrait être causée par une hypovolémie circulatoire (diminution du volume sanguin circulant) (4).

Lors de la mise en œuvre de processus d'enrichissement (l'introduction de stimuli dans l'environnement d'un animal, de façon à renforcer ses capacités cognitives et instrumentales), on peut également relever plusieurs effets neuroanatomiques et neurochimiques : un accroissement de poids des régions corticales et un épaississement du cortex ; une augmentation de la cholinestérase (enzyme activant l'acétylcholine, laquelle transmet l'influx nerveux d'une excitation au niveau des synapses) ; une élévation des niveaux de l'ARN comparés à ceux de l'ADN (5).

La nutrition à elle seule peut être un facteur de changement morphologique. Ce changement affecte en priorité la boîte crânienne avec, généralement, un raccourcissement et un élargissement de celle-ci (6). Des rhinocéros indiens (Rhinoceros unicornis) et de Java (Rhinoceros sondaicus) captifs avaient un crâne moins long et plus large, et une taille corporelle plus petite, comparativement aux normes de leurs congénères dans la nature ; chez deux rhinocéros de Sumatra (Dicerorhinus sumatrensis), la taille corporelle était au contraire plus importante, le crâne nettement plus long. Toutes ces modifications ont été attribuées au régime alimentaire (7). Les crânes de lions captifs (" Felis leo massaica ", i.e. Panthera leo massaicus) étaient beaucoup plus courts et plus larges, reflétant des changements semblables dans la structure de la mâchoire (en sus d'un assombrissement marqué de la couleur de la peau et d'une crinière plus abondante) (8 ). Plusieurs cas comparables ont été observés chez d'autres espèces, d'équidés en particulier.

Tous ces exemples représentent des variations non héréditaires, qui sont dues à des changements dans l'environnement des animaux et qui sont théoriquement réversibles.

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Les variations héréditaires ont des implications plus importantes. Eteinte dans la nature, l'espèce du cheval de Przewalski s'est reproduite en captivité, mais avec une anomalie dans la couleur de la robe. Le cheval captif ne possède pas la pigmentation noire caractéristique de l'espèce aux extrémités distales des membres, à la crinière et à la queue, mais une pigmentation rousse/alezane. Cette anomalie tient au fait que les chevaux de Przewalski actuels descendent d'un croisement des rares survivants avec une jument porteuse de ce " gène roux. "

Quand il s'agit d'une " tare " reconnue chez un individu seul, plusieurs options sont possibles. Si le caractère concerné n'a pas d'incidence majeure sur le comportement de l'animal et donc sur la vie du groupe, et si l'animal n'est pas reproducteur, il pourra être maintenu parmi ses congénères. Mais, dans le cas contraire, il pourra être isolé et, lorsque le bilan est critique, euthanasié. Dans la nature, aussi bien, les espèces sont loin d'être rares dont certains individus présentent des défauts morphologiques. En 1980, un mâle reproducteur rhinocéros noir (Diceros bicornis minor) introduit dans le parc national des éléphants d'Addo (Afrique du Sud) a été castré, pour éviter que le gène de sa malformation, l'absence du pavillon auriculaire droit, ne passe dans le pool génétique de sa population d'accueil (plusieurs autres cas sont connus de rhinocéros sans pavillons auriculaires). L'un des enseignements de cette stérilisation, pour la captivité, est le changement de comportement de l'animal, désormais dépourvu de l'" agressivité " et de la crainte des humains qu'on attribue généralement aux rhinocéros noirs (9).

 

[R] Stress et bien-être

Dans le domaine du comportement, les observations sont souvent rapportées au stress, la réponse biologique et psychologique à une situation nouvelle ou menaçante, l'inadaptation physiologique et éthologique d'un animal à des stimulus de son environnement qui prennent la forme d'une agression. Cet état réactionnel affecte les systèmes nerveux et endocrinien et il peut être mesuré par des augmentations des taux d'adrénaline et de noradrénaline, une activation des corticosurrénales, des secrétions de neuropeptides. Les facteurs occasionnant le stress ne manquent pas en captivité. Dans un tel environnement, l'animal voit sa capacité de contrôle réduite. Soumis à un confinement spatial, dont la qualité n'est pas toujours celle qui lui conviendrait (si l'habituation est couramment constatée en captivité, on ignore véritablement à quel prix l'animal s'y résout), il est confronté à une promiscuité permanente quand, dans la nature, il pourrait avoir la ressource de s'écarter, au moins temporairement. Les bruits extérieurs non naturels, parfois des infrasons, peuvent le déstabiliser. De mauvais indices de photopériodicité, des écarts thermiques importants, une nourriture inadéquate, des maladies ou des traumatismes, sont autant de causes de stress.

Les conséquences de ce phénomène peuvent être significatives. Les cas d'analgésie et d'ulcères ne sont pas rares. Les capacités de reproduction peuvent être altérées. Pour les mâles, cela se traduit par une baisse de la spermatogénèse. Pour les femelles, par une perturbation du cycle reproducteur pouvant aller jusqu'à l'avortement. Des troubles de comportement ont été constatés chez les petits de femelles stressées. Des mères peuvent repousser leur progéniture après la mise bas, et il faut alors entreprendre un élevage à la main, ce qui n'est pas toujours aisé. Les systèmes de dominance/subordination peuvent aussi être concernés. En captivité, il a été montré que les animaux de rang inférieur d'espèces sociales, les subordonnés, ceux dont le succès de reproduction est moindre, voire nul, secrètent des niveaux élevés de glucocorticoïdes (11-oxycorticostéroïdes) qui ont, notamment, pour effet d'inhiber la reproduction en réponse au stress manifesté devant les dominants. Tel est le schéma habituel. Or, de récentes études ont établi que, dans la nature en tout cas, des dominants d'espèces sociales peuvent avoir des niveaux élevés de glucocorticoïdes plus souvent que des subordonnés. Donc manifester davantage des phénomènes de stress, en raison, notamment, de l'obligation de réaffirmer leur statut, dans un environnement social où la hiérarchie est remise en question avec une certaine régularité. Au total, la dominance ne serait donc pas aussi bénéfique qu'elle le semble, puisque l'augmentation des secrétions de glucocorticoïdes peut se traduire par d'autres effets néfastes, sur le métabolisme et le système immunitaire (10).

Le stress a aussi une action réductrice sur les enzymes qui sont chargées, principalement dans le foie, d'éliminer les produits toxiques non biologiques (les xénobiotiques) qui pénètrent dans l'organisme (11).

Il est, par ailleurs, probablement l'une des causes des stéréotypies des animaux captifs. Les stéréotypies sont des répétitions des mêmes actes, sans grandes variations et sans fonctions ni buts apparents. La base fonctionnelle de ces comportements est l'incapacité de l'animal à exécuter une fonction habituelle, ce qui occasionne une frustration et le déclenchement d'un comportement de substitution. Chez beaucoup d'espèces, des stéréotypies surviennent quand l'animal est en attente de nourriture, voire quand son régime alimentaire est modifié. Les carnivores, par exemple, sont assez coutumiers des déambulations le long des cages ou des enclos. La stéréotypie peut s'expliquer aussi par l'impossibilité de l'animal de se rapprocher d'un espace, d'un objet, d'engager une relation particulière avec un congénère. Ainsi deux ours à lunettes (Tremarctos ornatus) du zoo de Zürich (Suisse) ont-ils été affectés d'un ballonnement répété de la tête. Pour la femelle, Tolima, cela exprimait la frustration de ne pouvoir utiliser, à cause des écarts de température, son aire favorite de repos dans les arbres de l'enclos ; quant au mâle, Sangay, ses avances sexuelles étaient repoussées par Tolima (12).

Si les stéréotypies peuvent s'expliquer par des interactions de stimulus, certains auteurs les comprennent davantage comme les expressions d'un mal-être de l'animal, et de sa subjectivité. Elles impliquent l'apparition d'un processus de fixation, avec une rigidité et une répétition, donc une perte de contrôle de l'animal et de sa subjectivité. Ainsi F. Wemelsfelder estime-t-il que " le comportement stéréotypé est le signe manifeste d'une souffrance chronique de l'animal et d'une diminution de son bien-être " (13).

Ce concept de bien-être est maintenant largement accepté dans les établissements zoologiques. Lorsque des individus captifs sont confrontés à des situations non stimulantes (limitation ou impossibilité des explorations, des rencontres, des jeux, des accouplements, etc.), ils peuvent devenir léthargiques, ne pas répondre à de nouvelles situations, développer des stéréotypies ou bien manifester des comportements d'autostimulation, dont l'automutilation est une forme grave. Ou encore prendre des postures apparemment naturelles, mais éloignées de leur contexte, comme le léchage des barreaux, la demande de nourriture aux visiteurs, le lancer d'objets (14).

En résumé, ce qui s'apparente à un mal-être de l'animal peut affecter tout son registre comportemental, qu'on décrit par son éthogramme : l'exploration, la nutrition, les interactions sociales, le toilettage, la reproduction, donc les rythmes d'activité comme les rythmes de repos.

Le concept d'enrichissement a été développé pour répondre à cette problématique. Il s'agit d'améliorer l'environnement physique, social et psychologique de l'animal. Sur le plan matériel, avec des enclos ou des cages convenant aux espèces, un régime alimentaire adapté et une nourriture moins facile d'accès pour obliger l'animal à passer plus de temps à la rechercher, une complexification de l'espace disponible et la disposition éventuelle d'objets différents dans le périmètre pour éviter l'uniformité spatiale et promouvoir la découverte. Dans la nature, les animaux, les mammifères en tout cas, consacrent la moitié, voire les trois quarts ou davantage, de leur période quotidienne active à la recherche de nourriture. Captifs, ils reçoivent à heure fixe une ration qu'ils avalent rapidement. Chez les ours bruns sauvages, par exemple, cette recherche représente 95% du temps actif ; mais chez leurs congénères captifs, seulement 10 à 20%. La cage des orangs-outans (Pongo pygmaeus) de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, a été repensée, il y a quelques années, dans le sens d'un essai de recréation d'une portion de forêt tropicale, avec beaucoup de structures (troncs, filets) et d'objets, une lumière du jour atténuée, la dispersion dans tout l'espace de la nourriture.

Toutefois l'enrichissement matériel n'est pas une panacée. L'amélioration significative de l'enclos et de l'alimentation des ours du zoo de Zürich, en particulier, est restée sans effet sur leurs stéréotypies

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Des populations réduites

Car il s'agit aussi de respecter des critères fonctionnels pour la constitution des groupes, critères concernant le taux sexuel, l'effectif, le degré de parenté des individus. Ce qui est moins facile, puisque les espèces captives sont généralement représentées par de petites, voire très petites, populations. Et puis, il faut compter aussi sur l'apprentissage de la docilité, à l'occasion de la mise à disposition de nourriture, du nettoyage de l'espace, des soins, des manipulations diverses, qui est utile pour la gestion des animaux, mais qui interfère avec leur comportement naturel. Ce comportement ne doit pas être inhibé, notamment pour la transmission par les adultes, aux jeunes, des patrons en matière de relations sociales, de nutrition, de sexualité. À cet égard, depuis quelques années, l'importance de l'effet Allee a été soulignée. Cet effet a été étudié chez des espèces dans la nature, mais ses incidences sur les espèces captives semblent également plausibles. Il stipule une relation positive entre les composants de la vigueur d'une espèce et la taille de la population. En pratique, les individus peuvent bénéficier de la présence de congénères, par l'exemple qu'ils donnent, pour exprimer de façon satisfaisante les composants de leur propre vigueur : surveillance et agression des prédateurs, modifications de l'environnement, facilitation de la reproduction, etc. L'important est cette socialité, cette coopération entre individus, qui permet à chacun d'illustrer les modes comportementaux de son espèce. Or, lorsque la population est très réduite, il arrive qu'il n'existe plus assez de références vivantes pour que cette transmission puisse se faire. En conséquence, la vigueur individuelle et collective diminue, et les risques d'extinction de la population s'accroissent, toutes choses égales par ailleurs (15).

La petitesse des populations captives représente bien un problème essentiel pour la poursuite de leur évolution, qui se traduit sur le plan génétique.

Quatre facteurs sont en effet impliqués dans l'évolution naturelle : les mutations (sources de la variabilité génétique, laquelle conditionne l'évolution) ; la sélection ; la dérive génétique ; les migrations.

On peut déjà, pour la captivité, supprimer le facteur migrations, en considérant simplement que le brassage démographique et génétique (le flux génique), en captivité, ne s'opère que par le moyen des échanges d'individus, ou par le renforcement des populations (ce qui peut être déterminant pour la survie d'une population captive).

De même, la sélection naturelle est en grande partie artificialisée, en raison de l'anthropisation de l'environnement et du relâchement des pressions qui s'exercent habituellement sur les espèces dans la nature. Ce qui implique surtout, en pratique, que des individus qui seraient éliminés dans la nature peuvent généralement vivre en captivité.

Le facteur essentiel à prendre en compte est la variabilité génétique (le polymorphisme, l'existence de phénotypes différents) d'une population. Celle-ci se caractérise aussi par le nombre moyen d'allèles (les formes d'un gène) par locus (la position d'un gène sur un chromosome) et par l'hétérozygotie (la présence de deux allèles différents à un locus). C'est l'hétérozygotie qui représente le brassage entre les individus et la diversité génétique entre les populations. La fréquence des allèles, en référence au stock parental, est toujours aléatoire à chaque génération, puisque l'un des deux allèles n'est pas transmis par le géniteur. C'est le phénomène de la dérive génétique. Il est plus accentué lorsque la population est réduite, le taux sexuel des reproducteurs biaisé, les tailles des familles disparates et le nombre des reproducteurs fluctuant (toutes situations présentes en captivité). En effet, il y a moins de compensations entre les variations dans la distribution des gamètes. En conséquence, certains allèles peuvent devenir très rares, voire disparaître, et d'autres, au contraire, notamment les allèles délétères, être surreprésentés, ce qui appauvrit le pool génétique.

Il faut compter aussi, et surtout, avec les mutations (les modifications de structure de l'ADN, donc des gènes). Ce sont elles qui peuvent être à la base de l'adaptation, d'où leur importance. Elles peuvent être neutres (les plus nombreuses), favorables ou défavorables. Les gènes favorables qui sont fixés sont rares, parce que les organismes vivants sont dans un état d'équilibre constitutif. Plus une mutation favorable se rapproche de l'optimum de vigueur d'une espèce, moins elle peut se fixer. Et, pour un organisme complexe (comme un grand mammifère, opposé à un microbe, par exemple), cette règle joue avec davantage de rigueur. Il a donc été suggéré que la vitesse d'adaptation évolutive ralentissait chez les organismes complexes, pour trois raisons : la probabilité de fixation est réduite ; le gain de vigueur ne peut qu'être limité ; et la probabilité qu'une mutation soit favorable est une fonction décroissante, puisqu'elle est liée au niveau de complexité de l'organisme (16). En revanche, les mutations nuisibles ont bien davantage de chances d'être fixées, parce qu'il est nettement plus facile de déstructurer un organisme que de le structurer. Plus les gènes délétères sont concentrés dans une population, plus ils représentent un fardeau génétique. En théorie, la population ne peut donc que décliner. Jusqu'à un stade final, une fusion de mutation, avec un taux d'accroissement démographique négatif (17).

Dans cette même problématique, il faut prendre en compte le stress, considéré dans sa fonction de force évolutive. Ses effets à ce titre ont été constatés en laboratoire, mais comme pour l'effet Allee, des implications pourraient exister pour les espèces en captivité. Un environnement stressant peut faire augmenter le taux de mutation, ce qui augmente la variation phénotypique, notamment pour les caractères morphologiques (18 ).

En captivité, l'accumulation des mutations délétères peut aussi rester cachée, l'érosion de la vigueur ne pas s'exprimer complètement, puisque la sélection naturelle a un faible impact. Mais si une population captive est réintroduite dans la nature, alors ces mutations peuvent prendre effet. Moins fortement, si l'environnement se caractérise par une compétition intraspécifique minimale ; mais la capacité de la population à survivre n'en reste pas moins compromise (19).

 

[R] 90% de la variation génétique sur 200 ans

 

Il est un autre phénomène qui affecte grandement la survie des populations, celui dit du goulet d'étranglement, qui se produit en nature. Il peut toutefois s'exercer sur des populations captives, si les générations qui les ont précédées en ont été victimes. Ce phénomène se caractérise par la baisse d'effectif brutale due à des catastrophes naturelles, des épizooties, des déficits alimentaires, la prédation animale ou humaine, etc. Les suites d'un goulet d'étranglement varient en fonction de son importance et aussi du taux de fécondité de la population. Si ce taux reste élevé après l'événement, les pertes d'hétérozygotie pourront être limitées. Mais s'il est faible, l'hétérozygotie ne pourra remonter que très lentement (20). Des espèces très diminuées ont pu, dans la nature, montrer un rétablissement satisfaisant, en raison de leur vigueur démographique, et aussi, peut-être, d'une réduction de la compétition intraspécifique et d'une moindre prévalence des maladies et des parasites. Mais ces rétablissements sont très aléatoires. Quantité d'exemples existent de populations animales ayant subi des goulets d'étranglement, dont les descendants présentent des malformations génétiques. Chez des carnivores comme les guépards, des anomalies spermatiques existent. En laboratoire, il est facile de faire la démonstration de la perte de vigueur. Des populations de mouches drosophiles (Drosophila melanogaster), par exemple, qui passent par un tel goulet, succombent à des concentrations de chlorure de sodium plus faibles que celles auxquelles sont exposées des populations non réduites ; les premières montrent donc moins de résistance devant l'introduction d'un facteur létal (21)

 

 

 

Hors goulet d'étranglement, les mutations défavorables réduisent de toutes façons la vigueur d'une population. Mais dans une population de taille importante, ces mutations sont habituellement éliminées par le différentiel mortalité/fécondité.

Et, même pour les petites populations, des mutations défavorables peuvent être contenues. Certains allèles peuvent être néfastes pour la vigueur (qu'on peut qualifier aussi de valeur adaptative ou de succès reproductif, et qui traduit la viabilité et/ou la fécondité) d'un individu, mais ne pas affecter le succès reproducteur d'une population. Des allèles, en particulier, qui concernent la reproduction des mâles : les femelles peuvent se détourner des mâles considérés comme insuffisamment performants pour la transmission des gènes et ne choisir que les meilleurs partenaires, ceux qui manifestent justement une vigueur plus forte. Ainsi, par la sélection sexuelle notamment, les effets de mutations défavorables peuvent rester circonscrits au sein d'une population et a contrario des mutations favorables peuvent être bénéficiaires. Il a été récemment évalué une taille critique de population, au-delà de laquelle des mutations favorables pourraient permettre à une population de persister et qui est de quelques centaines d'individus de population efficace (la fraction d'une population qui participe effectivement à la reproduction) (22). D'autres auteurs, auparavant, avaient suggéré une taille de population efficace de 500 individus (23), voire de 5 000 individus (24), pour assurer une viabilité à long terme. Ce qui, dans toutes les estimations, suppose une population de référence importante, cinq à dix fois supérieure en nombre, peut-être, à la population efficace.

Qu'en est-il, alors, des populations captives, qui sont, pour l'essentiel, très réduites en effectif ?

La variabilité génétique n'est que peu affectée pour des populations démographiquement stables, non perturbées, car, dans ce cas, elle ne peut baisser de façon significative qu'après plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de générations. Un mammifère avec un temps de génération de 10 années, réduit à une population efficace de 50 en 1900, conserverait 90% de son hétérozygotie aujourd'hui ; une étude conduite sur 80 populations mammaliennes a ainsi montré que 90% des espèces n'avaient perdu que 10% de leur hétérozygotie initiale (25). D'une manière générale, il a été suggéré que l'un des critères essentiels de l'élevage en captivité devrait être de maintenir sur une période de 200 ans 90% de la variation génétique des populations fondatrices (sauvages), ces populations devant comprendre chacune, dans la plupart des cas, 25 individus efficaces ou davantage (2). Ces chiffres sont également à moduler, puisque certaines espèces, de carnivores en particulier, ont naturellement une faible variabilité.

Mais il faut souligner qu'en captivité, la variabilité peut diminuer parfois rapidement, à cause des biais existant dans la structure des populations et à cause de la consanguinité.

Le phénomène que les gestionnaires des établissements zoologiques surveillent donc en priorité est celui de la consanguinité, qui s'exprime par l'augmentation de l'homozygotie (la présence des deux mêmes allèles pour les deux exemplaires du gène, le cas d'un individu dont les deux parents sont apparentés). Car ses effets sont rapides. Ils peuvent se manifester dès la génération qui suit l'appariement.

Ils incluent une diminution des capacités de reproduction, de la fécondité, une augmentation de la mortalité juvénile, un ralentissement de la croissance, des déséquilibres du développement, une sensibilité accrue au stress et aux maladies, un affaiblissement de la compétition intra- et interspécifique. Tous ces effets sont regroupés sous le terme général de dépression de consanguinité.

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