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goldfish

Informations sur l'hibernation des graeca

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J'ai trouve ces infos qui contredisent beaucoup de choses que j'ai vu sur ce forum:

 

Certaines tortues n'hibernent pas.

 

Ce qui ne les empêche pas de réduire considérablement leur activité l'hiver. Leur métabolisme vit au ralenti mais n'entre pas en hibernation. Le système digestif lui aussi continue à fonctionner et à secréter les enzymes nécessaires à la digestion et à l'assimilation des valeurs nutritives.

 

Mais l'hiver l'alimentation est très pauvre, même pour les tortues qui continuent à vivoter. Et si elles n'hibernent pas, elles mangent quand même très peu et dorment beaucoup.

 

On sait également qu'au-dessous d'une certaine température (15 à 17° environ) la digestion ne se fait plus parce que les enzymes ne sont plus actifs pour dégrader les aliments ingérés. Si ces aliments restent trop longtemps dans le système digestif ils vont donc entrer en putréfaction.

 

Oui mais... Cette putréfaction ne va se poursuivre que si le tractus intestinal est complètement arrêté (cas d'une tortue qui hiberne). Il est donc impératif qu'une tortue mise à hiberner ait le système digestif totalement vide !!!

 

 

Pour des tortues comme la Testudo graeca graeca par exemple, l'environnement natal (l'Afrique du Nord) est une région du monde où l'hiver les températures sont inférieures à 15° pendant la nuit et seulement une partie du jour. Il y a de nombreux moments où la température atteint et même dépasse ces 15° !

 

Pour ces tortues il n'est donc pas question d'hiberner. Leur système digestif est adapté à ces conditions météorologiques et climatiques depuis des milliers d'années. Arrêt de la digestion la nuit, et reprise de l'activité des enzymes entre le milieu de la matinée et le milieu de l'après-midi. On voit même des Testudo graeca graeca sortir complètement au soleil d'hiver et brouter un peu d'herbe qu'elles ont à leur disposition autour d'elles. Bien entendu elles mangent très peu et la digestion est extrêmement longue, bien plus longue qu'en été. Mais elles ne restent pas en permanence à une température équivalente à celles de l'hiver européen, et ces changements marocains quotidiens et permanents de température leur conviennent tout à fait... alors que ces changements seraient très éprouvants pour des Testudo hermanni hermanni. Les spécimens de cette dernière espèce doivent donc entrer dans une réelle hibernation pour ne pas subir ces changements quotidiens qui seraient éprouvants pour leur activité métabolique.

 

 

Qu'on le veuille ou non, la meilleure façon de comprendre les animaux est d'aller les voir sur place et d'observer. Ensuite on en tire les conclusions. N'est-ce pas justement la démarche précise... d'un biologiste ?

 

Sans faire de la biologie nous-mêmes, ne pouvons pas adopter le même comportement à la fois observateur, témoin et respectueux de l'animal et de son environnement... plutôt que de s'efforcer de soumettre ces animaux à des conditions que nous, humains, nous jugeons acceptables alors que la simple observation de la nature montre que ces conditions que nous offrons à nos tortues sans tenir compte des spécificités sont en général... inadaptées ?

 

 

Mes Testudo graeca graeca vivent l'hiver avec une reproduction la plus proche possible (bien qu'elle ne puisse jamais être parfaite) des conditions originales marocaines. Et ce qu'elles soient originaires d'Afrique du nord ou qu'elles soient nées en France. Plus je respecterai leur organisme sans chercher à le modifier suivant mes désirs ou mes convenances, et plus mes animaux seront résistants, puissants et en bonne santé. Cela m'impose des réflexions et des décisions qui ne doivent en aucun cas affecter leur mode de fonctionnement spécifique.

 

Je n'oublie pas que l'adaptation des espèces à un nouvel environnement est une réalité de l'évolution darwinienne. Mais cette adaptation ne se produit en aucun cas en une ou deux générations (n'oublions pas qu'elle se fait par la sélection des individus les plus résistants et la disparition des autres) mais en une dizaine voire une vingtaine ou une trentaine de générations ! Il est donc illusoire de penser que parce qu'une Testudo graeca graeca est née en France au lieu d'être née au Maroc elle est nécessairement mieux adaptée à l'environnement climatique européen. C'est une lourde erreur qui ne peut à longue échéance qu'être préjudiciable pour l'espèce.

 

 

Bien. Maintenant pour répondre à la question des Testudo graeca graeca (et autres car il peut aussi y avoir des contre-indications pour des raisons de santé) qui n'hibernent pas, voici ma méthode :

 

 

Je place la tortue dans un terrarium (inutile qu'il soit très grand) contenant environ 10 cm d'épaisseur de terre non traitée (terre de bruyère) et une énorme quantité de foin pas trop grossier et même plutôt fin (achetée dans une animalerie). Le terrarium doit être entièrement couvert, ne laissant entrer qu'un peu d'air à une extrémité, cela afin de conserver l'hygrométrie idéale. Ne vous inquiétez pas, les reptiles qui dorment ne consomment que très peu d'oxygène.

 

Simplement je veille à ce qu'un néon UV B Reptisun 5.0 (ou équivalent) soit obligatoirement allumé environ 6 heures par jour. Même si la tortue sommeille à longueur de journée dans sa cachette. En hiver le soleil est levé pendant environ seulement 10 heures (quelle que soit la latitude du pays d'origine et selon l'hémisphère) et la transparence du ciel le rend efficace pendant environ seulement 6 heures, donc il est préférable de suivre le même cycle. Si pendant le sommeil d'hiver le néon est allumé de 9-10 heures du matin à 15-16 heures ou 16-17 heures de l'après-midi c'est tout à fait suffisant.

 

En non-hibernation la tortue mange peu. Et de préférence de l'endive et un peu de frisée ou de jeune pissenlit. C'est tout. Une nourriture frugale, c'est à dire en quantité très réduite. Il n'y a plus aucune protéine glanée ça et là dans le jardin d'été d'une Testudo (vers, escargots habituels...) ! Je veille à ce que la tortue ne perde pas plus de 15% de son poids pendant tout l'hiver. Si la tortue prend du poids, je diminue un peu la ration alimentaire, si elle en perd j'augmente un peu la quantité d'endives. Je veille à ce que cette pause hivernale soit une occasion pour ramener lentement le poids à sa valeur nominale suivant la mesure du plastron. Et l'endive contenant beaucoup d'eau, même si la tortue ne désire plus se baigner pendant l'hiver elle sera donc tout de même correctement hydratée.

 

La tortue non hibernante doit avoir de l'eau à boire. Cette eau doit être changée tous les jours, même si elle ne s'en sert pas.

 

A propos de l'hydratation, je veille aussi à ce que la terre ne soit jamais complètement sèche en surface. Car c'est un signe d'hygrométrie insuffisante, et il faut alors réhumidifier légèrement la terre en vaporisant ou en arrosant très légèrement (et jamais sur la tortue !). Afin de maintenir l'humidité ma terre de bruyère contient un peu de vermiculite de gros calibre, qu'on peut remplacer par des billes d'argile pour cet usage. L'humidité, maintenue à 50%, est contrôlée avec un banal petit hygromètre à 10 euros.

 

Il faut également qu'elle dorme le plus possible. Donc le terrarium doit être dans la pièce la plus calme et la moins éclairée sans toutefois être une pièce complètement noire (sauf la nuit). Il faut que la température du terrarium soit entre 12 et 20°, l'idéal tournant autour de 15 à 18° le jour. Si vous appliquez cette méthode dans votre chambre prévoyez une couette pour vous ! Les miennes, du moins celles qui doivent passer l'hiver ainsi, dorment dans une ancienne chambre (devenue un bureau) dont la fenêtre est ouverte la nuit (la température descend à environ 8 à 10° la nuit) et fermée le jour (température de 17 à 20° hors de la lampe chauffante). Je respecte donc entièrement le rythme des températures d'un hiver marocain.

 

Elle n'hiberne donc pas mais elle doit quand même être bien couverte afin de se sentir isolée, tranquille, à l'abri, cachée sous un peu de foin (ou sous des tissus très propres en cas de tortue affectée d'une dermite). Surtout pas de lampe chauffante quand elle dort ! Eventuellement un petit peu pendant qu'elle mange ou qu'elle sort pour vous rendre visite mais c'est tout. Seule la faible chaleur rémanente de la pièce doit suffire le jour. L'idéal est que la pièce reste relativement froide, aux températures que je vous ai indiquées plus haut. L'ampoule chauffante à 32° peut être allumée dans la journée pendant quelques heures dans un coin du terrarium si la tortue a envie de bouger un peu et de sortir de son foin. A nouveau on retrouve là une reproduction des conditions de l'hiver marocain car dans le Moyen-Atlas le soleil est souvent très présent au milieu du jour même en plein hiver.

 

Ainsi elle développe un peu ses résistances naturelles tout en s'abstenant d'hibernation.

 

Elle sortira de temps en temps de sa cachette pour grignoter un peu et peut-être boire... puis elle retournera aussitôt dans les bras de Morphée. La lampe chauffante doit alors être éteinte si elle a été allumée. Et le néon UV ne doit pas être directement au-dessus de son lieu de sommeil.

 

Pendant tout l'hiver en condition de non-hibernation il doit absolument y avoir des UV B quelques heures par jour. Si vous n'avez pas de néon (votre tortue vivant tout l'été dehors au soleil), trouvez un néon Reptisun 5.0 ou Iguana Light 5.0 ou Reptiglo 5.0, même usagé. La tortue étant en demi-sommeil, son estomac fonctionne encore et ses intestins aussi. Donc elle continue à avoir besoin de renouveler l'apport quotidien de calcium et d'assimiler celui-ci par la vitamine D3 synthétisée grâce au tube UV B. C'est indispensable.

 

Avec tout cela la tortue n'hibernera pas mais elle conservera un rythme biologique très ralenti. Son métabolisme se poursuit avec une digestion lente mais encore parfaitement existante, et la nuit cette digestion est interrompue par l'importante baisse de température... tout comme au Maroc. La tortue va donc très peu s'alimenter, mais elle ne maigrira pas et ne s'épuisera pas, et son système digestif ne subira pas de putréfaction. Au retour du printemps elle sera une des premières à sortir dehors.

 

 

La méthode de non-hibernation que je vous donne ici est celle que je pratique depuis six hivers pour certaines de mes tortues. Et je la perfectionne chaque hiver afin de m'approcher chaque fois encore plus des conditions réelles de la vie sauvage dans leur milieu d'origine.

 

 

Chez les tortues d'une espèce différente certains spécimens n'hibernent pas (individu beaucoup trop jeune, ou hibernation interrompue, ou problème de santé, ou refus d'hiberner de la part de la tortue). Celles-là dorment dans des terrariums dans mon salon. Les conditions sont les mêmes mais la température est d'environ 18-19° la nuit (tout est éteint) et de 21° le jour (néon UV B allumé plus une petite ampoule chauffante conique halogène de 50 watts qui maintient un coin de terrarium à une température de 32°)

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