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Synthèse concernant l'observation d'aranéomorphes- araignées


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#1 OFFLINE   Krys42

Krys42

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Posté 10 septembre 2008 - 08:53

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SYNTHESE SUR L'OBSERVATION DE PLUSIEURS ESPECES D'ARANEOMORPHES DURANT CES DERNIERS MOIS


Bonjour,

après plusieurs mois passés à avoir observé quelques espèces d'arachnides (aranéomorphes), voici ce qui pourrait en constituer une sorte de première synthèse.

Je n'utiliserai pas de mots trop scientifique, ou alors le cas échéant, je vous en donnerais l'explication.

Tout d'abord, un mot sur l'élevage en terrarium.

Selon les espèces, il n'est pas toujours aussi aisé de réaliser des élevages.
Par exemple, l'élevage d'une lycose (araignée chassant à courre) est plus difficile à faire que l'élevage d'une espèce telle que la Xysticus crisatus, "araignée-crabe" de la famille des thomisidae.

Les tégénaires forment l'une des espèces les plus faciles à "élever".

Je parlerai donc surtout de tégénaire. J'aborderai bien entendu d'autres espèces comme la Scytode thoracica (araignée cracheuse), les saltiques (araignées sauteuses), les thomises (araignées-crabes) ou bien encore le Pholcus phalangioides (le fameux pholque).

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COPYRIGHT : http://araignees.xooit.fr/portal.php
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- Introduction : Les araignées et les hommes

Il existe énormément de comportements qui diffèrent selon les personnes humaines. Certaines n'ont aucune peur à prendre des araignées dans les mains, d'autres en ont une telle peur que rien que de voir une araignée en photo déclenche des frissons et je ne parle pas de l'arachnophobie.

Personnellement, avant, je ne portais pas les araignées dans mon coeur, mais lorsque j'ai découvert leur monde, leur mode de vie, de chasse, etc... Et surtout lorsque j'ai constaté par moi même que grâce à elles, de nombreux nuisibles étaient éradiqués, j'ai changé radicalement d'avis à leurs sujets.
Je les idolâtre d'avantage maintenant et surtout, les quelques peurs que j'avais avant sont d'anciens souvenirs.

Parfois, on entend dire : " aie, je me suis fais mordre, ou piquer, par une araignée !!! " et trop souvent, on ne voit jamais ce qui nous a piqué ou mordu.

Je n'ai personnellement jamais été mordu par une araignée lors des mes manipulations. Je vous avoue avoir manipuler que les petites espèces. Je n'ai jamais manipuler de tégénaire.... Enfin si, une fois, j'en ai mis une sur ma main, elle s'est promené sur tout le long de mon bras, pour arriver jusqu'à l'épaule et redescendre le long de mon dos. Attention, je ne vous dis pas de la faire bien sûr. Je prône la prudence, de façon générale.

Enfin, je pense que tout animal, quelqu'il soit, la plupart du temps, mord en cas de légitime défense, donc si on n'embête pas nos chères araignées, gageons qu'elles nous laissent tranquille.
Je n'oserai vous conseiller de vous amuser avec des tégénaires ou amaurobius.

Ce sont des animaux plutôt peureux, mais attention, vous voilà prévenu.


- Chapitre 1 : Le comportement en solitaire ou tolérance d'autrui

Tégénaire, scytode, pholque, thomise et les autres espèces observées vivent en solitaire, pas question de vivre en communauté. Ces araignées sont faites pour vivre seules.
Parfois il arrive que l'on trouve un couple d'araignée (pendant l'acte de fécondation par exemple), mais cela ne dure souvent que très peu de temps, et très souvent, il est préférable pour le mâle de vite partir avant de se faire dévorer par la femelle après l'acte de fécondation réalisé.

Noter que la femelle est souvent plus grosse que le mâle.

Toutes les espèces que j'ai observé "adorent" cette vie seule, ormis peut-être le pholque. J'en ai observé à de multiples reprises qui vivaient à moins de 20 centimètres les uns des autres. Cela ne veut pas dire pour autant que cette tolérance perdure dans le temps et l'on ne peut dire qu'ils vivent en société.

Les scytodes ne se tolèrent, elles, pas longtemps. En général, elles vont très vite se livrer à un combat à mort (hors période d'accouplement et encore...)

Les saltiques peuvent se tolérer assez longtemps, mais pas à long terme. Surtout si la nourriture vient à manquer.

J'ai pu observer la naissance de plusieurs dizaines de tégénaires (de la même portée). Durant plusieurs semaines, la vie ensemble leur va très bien. Mais plus tard, la dissémination doit avoir lieu sinon, le risque de cannibalisme devient omniprésent.

Par ailleurs, sachez que les fameuses "araignées sociales" vivant au Gabon, tissent de gigantesques toiles et vivent ensemble, en harmonie.

** Les araignées sociales de la familles des Agelenidae ne se cantonnent pas à l'Afrique, on en trouve également des représentantes en Amérique (du bassin Amazonien jusqu'au sud des Etats-Unis). Les Néphiles peuvent également avoir des comportements sociaux en cas d'abondance.



- Chapitre 2 : La nourriture

Concernant la nourriture, j'ai observé que la mouche était le repas privilégié des araignées en général. Bien sûr, une sauterelle, une fourmi noire, moustique ou cloeon font aussi parti de leur repas et la liste n'est pas exhaustive bien sûr.

Par ailleurs, coccinelle, abeille, guêpe, la tâche devient plus difficile selon les espèces d'araignée. Mais encore, une thomise arrivera plus "facilement" à bout d'une abeille qu'une tégénaire contre cette même proie. Donc je pense pouvoir dire que selon que les espèces d'arachnides différentes, leurs repas diffèrent quelque peu aussi.

Concernant la fréquence des repas. Selon les espèces d'araignées, il faut savoir que de toute façon, elles sont capables de jeûner plusieurs semaines, si toutefois, elles peuvent s'abreuver en eau.

A notez que parfois l'on entend dire que si la proie est plus grosse que l'araignée, celle-ci ne l'attaquera pas. Sachez qu'à plusieurs reprises, (voir certaines vidéos réalisées) j'ai pu observer le contraire, une tégénaire s'en est déjà prise à une mouche énorme, de même, les bébés tégénaires s'attaquent à tous ce qui bougent, même si plus gros qu'eux. Les thomises attrapent souvent des proies plus grosses qu'elles aussi, etc...

Cela dit, il y a bien entendu une limite de taille, si la proie fait par exemple dix fois la taille d'une araignée, celle-ci ira peut-être voir cette fameuse proie mais ne l'attaquera pas forcément. Comme on dit, il y a une limite à tout.

Par ailleurs, l'araignée ne mange pas tout, par exemple, sur une mouche, elle ne mangera pas les ailes, sur une sauterelles, elles ne mangera pas les pattes. Cela étant dis, cela varie peut-être selon les espèces d'araignées.

Autre chose, il m'est arrivé d'observer qu'une tégénaire lâche son repas pour venir voir une autre proie venant de toucher sa toile. Elle attaqua alors cette seconde proie de plusieurs morsures, puis très vite, rapprocha cette seconde proie avant de l'entamer vers la première proie.


- Chapitre 3 : La digestion

Une pré-digestion se fait de façon externe, cela veut dire que la nourriture n'est pas avalée par morceaux mais liquéfiée en dehors de la "bouche" grâce à un suc chargé d'enzymes digestives.

L'araignée bloque sa proie à l'aide de ses mâchoires (chélicères), puis laisse couler le suc digestif dessus, cela liquéfie les tissus organiques qui ensuite sont aspirés par l'araignée. Souvent je retrouve les pattes ou les ailes des insectes qui ne sont pas manger.

** Des araignées injectent leur venin, ce qui liquéfie l'intérieur des proies. Ce sont plutôt les diptères qui arrosent leur nourriture pour pouvoir l'aspirer via une "pompe". Cela explique que l'on retrouve des exo-squelettes entier (mais vide) dans les toiles.

D'autres araignées comme les tégénaires font littéralement de la bouillie de leur proie grâce à ce suc et en même temps broie leur proie à l'aide de leur mâchoires.

Ce qui n'est pas mangé est jeté en dehors de la toile (observé sur les tégénaires)

La digestion se poursuit ensuite, plus loin dans l'organisme de l'araignée pour digérer le liquide ainsi ingéré.



- Chapitre 4 : Blessure et soin


Une fois, une abeille fût introduite dans le terrarium d'une tégénaire. A peine un fil de soie fût touché par l'abeille que la tégénaire fonça sur elle. La tégénaire fit plusieurs assauts, au cours de l'un d'eux elle fût mordu à l'extrémité d'une patte.

Elle a saigné au niveau d'une patte avant. J'ai pu alors observé que le sang était sans couleur mais plutôt translucide.

Après quelques dizaines de secondes, elle fit en sorte d'arrêter l'hémorragie en mettant le bout de la patte blessée entre ses chélicères (par contre je n'ai pu observé ni constaté par quel moyen, biologique, chimique ou autres, elle avait arrêté son hémorragie)

** Le sang des araignées s'appelle Hémolymphe. Cela n'a d'ailleurs peu a voir avec du sang, qui est est contenu dans un systeme circulatoire, car il baigne tout t'intérieur de l'exo-squelette. L'Hémolymphe sert d'ailleurs a la locomotion des araignées, qui est basée sur un système de verrin "hydrauliques".



- Chapitre 5 : Les mues et exuvies

Une mue, qu'est-ce que c'est ?
(Les araignées ont un exo-squelette ( squelette externe ) elles ne grandissent pas comme d'autres animaux, ou comme nous, les humains)

- La mue donc est une caractéristique physiologique de renouvellement ponctuel de l’apparence externe (du squelette externe), marqué par l’abandon des reliquats de l’ancien squelette s'appelant alors l'exuvie.

Distinguons tout d'abord 2 sous-ordres d'araignées : les mygalomorphes et les aranéomorphes
Outre leur principale différence de forme de crochets, leur autre différence majeure réside dans le nombre de mue possible et donc aussi à leur espèrence de vie.

Par exemple :

- Les femelles Theraphosa blondi ont une espérance de vie de 6 à 15 ans. Il s'agit d'une araignée du sous-ordre mygalomorphe.
- Les femelles Tegenaria atrica peuvent vivre quelques années. Il s'agit d'une araignée du sous-ordre aranéomorphe

Le nombre de mue est donc bien moindre chez les aranéomorphes que chez les mygalomorphes.


L'EXUVIE

Lorsqu'une araignée mue donc, elle laisse ce qu'on appelle l'exuvie (nom féminin) qui est donc la "peau", l'exo-squelette rejeté lors de la mue



- Chapitre 6 : Mue en étant féconde

J'ai observé une mue de tégénaire. Plusieurs semaines ensuite, cette tégénaire fit un très joli cocon rempli d'oeufs.
Donc même fécondée, la tégénaire peut muer.



- Chapitre 7 : Les toiles de soie et la sensibilité apportée

Qu'elles soient : horizontales, verticales, orbiculaires, tubulaires ou autrement réalisées, les toiles d'araignées sont extrêmement résistantes et parfois très collantes. Au contraire, la toile des tégénaires est plutôt peu collante.

J'ai noté qu'en général, les araignées tissaient plutôt pendant la nuit.
Certaines espèces refont complètement leur toile, d'autres ne se contentent que d'apporter des "réparations" ou l'agrandissement de la toile.

Parfois, les araignées réingurgitent quelques morceaux de toile.

Les toiles tissées par les arachnides forment un excellent piège, redoutable même.
Il est impressionnant de constater à quel point ces toiles sont sensibles. Ou plutôt à ce que les araignées soient sensibles à la moindre vibration apportée sur n'importe quel endroit de la toile.

Parfois, en touchant la toile avec un cure-dent, l'araignée se jette dessus dans le centième de seconde, parfois, elle ne bouge pas tout de suite ou pas du tout.

Je pense que plusieurs critères doivent rentrer en ligne de compte.
Comme la force exercée sur la toile au moment du touché, l'araignée doit peut-être se tenir sur ces gardes en "se disant" que par rapport à une vibration telle, "la proie" doit être très grosse et du coup, l'araignée hésite à aller voir.
D'autres critères aussi, peut-être comme : si l'araignée est déjà en train de manger une proie. Si elle n'a pas faim...



- Chapitre 8 : La propreté


J'ai pu remarqué à maintes reprises que les tégénaires par exemple font souvent "le ménage" sur leur toile. Si un reste de nourriture devenu non comestible est sur la toile, alors l'araignée va s'empresser de récupérer ce morceau et de le "jetter par dessus bord", rappelez-vous, les tégénaires font des toiles horizontales. Je retrouve ainsi beaucoup de "débris organiques" par terre, plus bas que la toile.


- Chapitre 9 : L'autotomie et la régénération

L'AUTOTOMIE, qu'est-ce que c'est ?

- Il s'agit d'une capacité à se sectionner une patte par exemple, en cas de danger absolu. Si par exemple une araignée a une patte coinçée, elle est alors capable, à l'aide de ses chélicères de se sectionner sa patte, à un endroit bien précis pour limiter une hémorragie et ainsi se sauver plus loin de son prédateur.


LA REGENERATION

** C'est le temps séparant la section de la mue qui va déterminer la "qualité" de la repousse: une patte sectionnée juste avant la mue suivante sera inexistante ou faible; une patte coupée juste apres la mue précédente sera régénérée convenablement.

Les araignées et les autres arachnides ont en commun avec de nombreux autres arthropodes de pouvoir "régénérer" des appendices arrachés ou bien abîmés. (comme des pattes, pédipalpes)
Cependant, en règle générale, pour qu'il soit possible que l'un des appendices d'une araignée repoussent, il faut que cette régénération s'effectue avant la dernière mue de l'araignée.

Cette remarque n'est cependant pas valable pour les araignées pérennes (vivant plusieurs années) qui subissent des mues post-adultes.


Comme les mygalomorphes : Nemesia caementaria, araignée d'Europe qui peut vivre une 20ène d'années.

- Durant la prochaine mue donc, une nouvelle patte poussera, mais elle sera plus courte et plus mince. Cependant une fois la dernière mue réalisée, l'araignée ne pourra plus récupérer l'extrémité perdue.

Il est à noté aussi que les mygalomorphes qui vivent plus longtemps et donc ont plus de mues à faire durant leur existence, n'ont quasiment pas de limite de mue contrairement aux aranéomorphes qui elles en ont.

Donc la régénération des appendices en ai tout autant impactée, limitée chez les aranéomorphes puisqu'ils vivent moins longtemps et font donc moins de mues que les mygalomorphes.


- Chapitre 10 : Parade nuptiale et accouplement

Je n'ai hélas pas pu observer de parade nuptiale ni d'accouplement pour l'instant


- Chapitre 11 : Les oeufs

Une des tégénaires en élevage à pondu des oeufs et à réalisé tout autour d'eux, deux très jolis cocons de soie.
Ensuite elle collait sur ses cocons, diverses choses trouvées dans son environnement. Ainsi , brindille, petits morceaux de bois, cadavre de mouche étaient soigneusement placés sur les cocons.
Je pense qu'elle faisait cela pour camoufler le cocon des prédateurs et apporter une protection contre les parasites.

Concernant cette espèce de tégénaire, elle restait à proximité immédiate des 2 cocons, parfois elle se plaçait directement sur l'un d'eux et ne bougeait plus.
Puis quelques semaines plus tard, une bonne 40ène de bébés tégénaires firent leur apparition. La maman restait toujours à demeure, parmis les bébés.

Ce qu'il faut savoir, c'est que les mamans araignées ne font pas toujours de la sorte, parfois, juste après la ponte, la maman abandonne ses oeufs. Ou encore, elle va les cacher quelque part.

Observation faite sur les pholques : qui gardent leurs oeufs emmitouflés de soie avec eux, ils les transportent pratiquement tout le temps sous eux et les lâchent très rarement.
Observation faite sur les scytodes : de même, elles transportent toujours ses oeufs dans un tissage de soie, juste sous elles.

Chaque espèce fait différemment concernant le transport, le camouflage, le suivi de leurs oeufs et/ou cocons.

Autre chose : les araignées peuvent décider du moment où elles utilisent leur "spermathèque". Il peut donc se passer beaucoup de temps entre l'accouplement et la ponte.
Sachez aussi que j'ai observé qu'une des tégénaires en élevage a pondu à 3 reprises mais à 1 semaine au moins d'écart entre chaque ponte.



- Chapitre 12 : Le comportement

Prenons l'exemple d'une tégénaire, la plupart du temps, elle reste immobile, sauf la nuit ou elle s'active d'avantage. Si dans un moment d'immobilisme, je la touche directement avec un stylo par exemple, elle va immédiatement fuir.
Par contre si avec ce même stylo, je touche une partie de la toile, plutôt avec délicatesse, l'araignée s'empressera la plupart du temps à venir voir ce que c'est et limite attaquer le stylo, en tout cas, tenter de mordre. Ce comportement est typique aux tégénaires, pholques, amaurobius, et d'autres espèces non citées.

Ainsi on en déduit que la toile de la tégénaire sert d'espace d'alerte en cas de mouvement sur celle-ci.

Les satliques (araignées sauteuses) généralement petites de taille, ne tapissent pas de toile, elles chassent à courre et se servent de leurs visions extrêmement élaborées pour chasser, ou se véhiculer. (Elles peuvent voir quasiment à 360° et aussi s'en servir comme d'un zoom, un peu comme sur une caméra). Si vous en touchez une avec le doigt, elle va immédiatement faire un ou plusieurs bonds dans une direction qui lui paraitra la plus appropriée.

Souvent, lorsque l'on photographie en mode macro une saltique, on l'a retrouve qui à bondit sur l'objectif de l'appareil.

Les scytodes, elles sont plutôt pataudes et lentes dans leur déplacement, quoiqu'il m'est arrivé d'en voir fonçé une alors que je venais de la toucher du doigt. Elles aussi, se servent de leur vue pour se véhiculer et trouver des proies.

Les thomises "marcheuses" comme je les appelle se servent de leur vue pour se véhiculer et trouver des proies. Elles chassent à courre ou à l'affût. De même que la tégénaire, si j'en touche une du doigt, elle va immédiatement se mettre à marcher dans une autre direction. Par contre, elles ne tissent pas de toile comme système d'alerte.

A travers tous ces exemples, on les appelle toutes : araignée. Mais nous voyons que chaque espèce à son propre mode de vie et un comportement s'y rattachant qui diffèrent d'une espèce à une autre.


- Chapitre 13 : Feinte de mort

J'ai pu observer à quelques reprises que certaines espèces comme la Steatoda grossa mimait royalement la mort.

En la voyant un jour, retournée sur le dos, les pattes recroquevillées, totalement immobile même si je bougeait la boite, je me suis dis : "mince alors, elle est morte".
J'ai alors ouvert la boite et laisser tomber doucement l'araignée au sol.

Et voilà pas qu'illico, madame "ressuscita" pour cavaler et prendre la fuite.

Une autre fois, j'avais beau secouer la boite, la grossa ne bougeait pas d'un poil, toujours les pattes recroquevillées. Elle était pourtant aussi vivante.

J'imagine que d'autres espèces doivent user de cette feinte de mort

** Par exemple la famille des Dysderidae "Mangeuse de cafard" qui simule la mort lorsqu'elle est surprise a "découvert".


- Chapitre 14 : Les venins et l'agressivité des araignées

Toutes les araignées ont du venin, seulement il varie dans sa toxicité. Selon l'agressivité de telle ou telle araignée au moment où elle attaque, le venin n'est pas toujours injecté lors de la morsure.
Donc même si un jour, une araignée (aranéomorphe, j'entends) parvient à vous mordre, elle n'injectera pas obligatoirement son venin. En France, rare sont les espèces potentiellement dangereuses.

Citons tout de même la Malmignatte, une cousine de la veuve noire, (araignée égale ou de moins de 10 mm de corps), ayant un venin plus actif et toxique que les autres seraient classée parmis les araignées dites dangereuses. Fort heureusement, elle vit en dehors des habitations. Notez que l'on trouve d'avantage cette araignée en Corse et dans le sud de la France.


- Chapitre 15 : Les prédateurs des araignées

Les araignées sont de redoutables prédatrices mais elles aussi ont leurs propres prédateurs : (liste non exhaustive)

- L'homme
- Certaines guêpes comme la pompile
- Certaines mouches (en pondant leur oeufs sur l'araignée)
- Les parasites en tous genres
- Les oiseaux (exemple : mésange charbonnière, les pics)
- Les mammifères insectivores
- Les lézards
- Les hérissons
- Les musaraignes
- Les amphibiens tels que les grenouilles, crapauds
- D'autres arthropodes comme les scorpions ou araignées
- Les singes-écureuils
- Les gecko
- Des vers (Nématodes)
- Une espèce de libellule (en Amérique centrale)
** Certaines grosses libellules européennes ont été observées en train de capturer des épeires dans leur toiles.

- Il arrive parfois que certaines guêpes, mouches, pondent leurs oeufs sur une araignée. La larve quand elle éclot se nourrit ainsi de son hôte.

- Soulignons certaines espèces d'araignées sournoises et téméraires. Elles sont capables d'aller sur une autre toile, en la faisant bouger, elle fait ainsi sortir sa propriétaire qui croit qu'une proie est là et qui en fait se fait tuer finalement tuer par l'araignée opportuniste.

** L'espèce en question est la Portia labiata, de la famille des saltiques (araignée sauteuse)



- Conclusion

Qu'elles soient grosses, petites, minces, poilues, les araignées ne sont pas toutes dangereuses et par rapport à ce que la plupart des gens pensent, les araignées ne sont ni méchantes, ni ne vous attaquerons pour le plaisir. Au contraire, elles sont plutôt peureuses, et userons, soit d'immobilisme, de feinte de mort, de fuite lors de votre rencontre.

Les araignées ne sont pas nuisibles, elles vous débarrassent des insectes nuisibles.

Même si elles sont d'aspect repoussant pour la plupart, laissons les vivre en paix, si elles dérangent par leur présence, alors essayer plutôt de la "mettre dehors" que de l'écraser.

Les araignées vivent tranquillement et ne font pas le mal, tout ce qu'elles veulent, c'est vivre sans être embêtées et en embêtant personne.




Chris

** ( merci à Goomi32 pour son apport dans certaines remarques)
Un de mes objectifs : mieux faire connaitre nos araignées domestiques afin qu'elles rentrent dans les moeurs
des femmes et des hommes et que nous en n'ayons moins peur

Amicalement, Chris
http://simulateurs.de.vol.free.fr/spider/banniere_spider.jpg




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