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Tangerine

Nos enfants nous accuserons !

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Un film de Jean-Paul Jaud qui dénonce les méfaits de tous les produits chimiques, pesticides (round up) etc., qu'on retrouve dans l'alimentation... (et aujourd'hui on y rajoute des milliers de particules de nanotechnologie. qui peuvent passer la barrière du cerveau ! ... ), de la maltraitance de la terre et des paysans qui s'en occupent, et montre toutes les conséquences sur nous, nos enfants, et sur le futur de la Terre.

http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm. ... nonce.html

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Je l'ai vu, et je te donne mon impression personnelle et avec ma sensibilité professionnelle d'écotoxicologue/environnementaliste (je ne fabrique pas de pesticides, j'autorise ou pas leur mise sur le marché, je définis les taux d'application environnementalement acceptables, c'est une de mes activités), , trop "écolo" dans le mauvais sens du terme à mon goût, populo., démago. et surtout, mais ce n'est pas le premier, encore un qui confond développement durable et retour à l'âge des cavernes. Bon, ce n'est que mon avis perso., mais permets-moi de développer un chouillat.

 

1 - Sans l'utilisation de pesticides, le niveau de production agricole serait trop faible pour satisfaire la demande, résultat ce ne serait plus 5 fruits et légumes par jour mais par mois, vu le prix qu'il atteindraient, ou le retour au jardin ouvriers (qui n'ont pas disparus d'ailleurs, et pourtant faire pousser des légumes en banlieues de paris ou autres.......glups). Parles-t-il des obligation réglementaires, des interdictions des produits (byby round-up bientôt) qui se mettent en place aujourd'hui, et des productions de produits alternatifs basés sur des substances naturelles et donc moins nocives? Non.

 

2- Facile de tirer à boulets rouges sur les paysans. Pendant des décennies, les gouvernement et les ministères concernés n'ont fait qu'encourager l'utilisation de phytosanitaire, d'engrais minéraux, tout simplement car c'était un gage de productivité (France d'aprés guerre, il fallait faire des gosses et avoir de quoi les nourrir), de concurrence et un moyen de sauvegarder ce secteur en pleine dégringolade à partir des années 50, mais électorat potentiellement important, d'où également un arrosage honteux de subventions. Subventions qui ne sont faites que pour remplacer le manque à gagner lier à l'ouverture de l'espace européen, à la concurrence d'autres pays, à notre pitoyable politique agricole, alors que cet argent devrait être utiliser dans le sens d'une modernisation vers le développement durable de ce secteur. Donc facile de tirer sur les agriculteurs mais ils n'ont fait que ce qu'on leur a dit de faire et conseiller (par des ingénieurs agricoles/agronomes, vecteur de la parôle divine pour le pauvre paysou limougeaud, par exemple) en leur promettant des cultures resplendissantes et des bénéfices juteux. ça a tellement bien marché qu'ils ont trop produit et se retrouvent aujourd'hui sur la paille..... Néanmoins les pratiques changent et ce n'est pas dit dans ce film.

 

3 - Encore une fois on ne nous parle que de ce qui ne va pas et de ce qui n'est pas fait. Grace aux réglement européen REACH, certain produits ont été retirés du marché ou vont l'être, et les autorisation de mise sur le marché sont de plus en plus tendues du string. Aujourd'hui pour être à peu prés sûr qu'un produit passe, il faut qu'il présente deux caractéristiques : être toxique pour la cible visée en ménageant les autres cibles biologiques exposées et être trés rapidement biodégradable, ne pas persister dans l'environnement trop longtemps, ne pas être bioaccumulable, croyez-moi ça fait du ménage. Il y a aussi le retour des rotations de culture avec jachères, on fait aussi prendre conscience aux agriculteurs que ce n'est pas la peine de labourer sur un mètre, ça flingue la pédofaune pourtant trés utile aux culture, donc ils labourrent moins profond et prennent peu à peu conscience du rôle des lombrics et autres vers. On essaie de leur faire généraliser l'utilisation de la lutte intégrée, une utilisation plus modérée des engrais, aucunement toxiques pour l'homme comme beaucoup d'ignares le clament, par contre un des principale cause de l'eutrophisation du milieux aquatiques avec dans ce cas des répercutions possibles sur la santé humaine par prolifération d'algues génératrices de toxines au niveau des points de captage pour l'eau potable et bien sûr une dégradation du milieux de vie. Je crois vraiment aux nouvelles génération d'agriculteurs, je pensent qu'ils n'auront vraiment pas la même mentalité, en étant toujours malheureusement soumis à certains impératifs économiques.

 

4 - Le risque nanotechnologique est pris en compte et est étudié, mais là où je râle moi-aussi également quand même, c'est que on s'est mis à l'étudié aprés avoir balancé des nanotech partout (cosmétique, produits alimentaires)......ça vous rappel pas les OGM?? Bon, néanmoins, c'est étudié (y compris où je bosse), pour l'instant, visiblement pas de quoi s'affoler. Effectivement ça traverse les membranes mais vu que ce sont des nanotubes de carbone c'est relativement inerte et facilement évacué, ça ne veut pas dire que tout risque est écarté, attendons l'avancée des recherches. Mais je pense que l'on aurait du en savoir un peu plus avant d'en balancer.

 

Concernant les nanotechnologie qui se retrouvent dans l'alimentation, non. C'est quand même hypercontrôlé !

Détecteur de métaux, analyse physico-chimique et microbiologique.

 

ça concerne seulement de la physico-chimie, vu que ce sont des nanotubes de carbone, des fois de silicium, des fois greffés avec des oxydes métalliques mais qui ne rentrent pas en compte comme étant des éléments détectables via certains procédés magnétiques ou rayonnant, les quantité sont trop faibles. Et pas de risque microbiologique, c'est pas du vivant. Il ne faut jamais écarter le moindre risque mais déjà, on sait que c'est inerte y compris dans le corps humain, ça reste une bonne chose et ça veut dire qu'il n'y aura pas de libération de composés dans le sang. C'est au moins ça, ça ne veut pas dire que tout risque est écarté, on a quand même mis en évidence chez le rat, un tendance à s'accumuler dans certains organes filtrant ou excréteur comme le foie et le rein, là ça peut devenir préocupant si la fonction de ces organes en devient perturbée.

 

5- Donc tout cela pour dire, que ce film n'apporte rien. Si la proposition de tout arrêter, et de retourner vivre en pagne dans les bois, occuper toute la journée à creuser le sol pour trouver des racines comestibles.....non le dével. durable ce n'est pas l'arrêt du progrés de la civilisation, c'est la continuité, mais à la lumière de l'écologie industrielle, du recyclage et des BREF (acronymes anglais des meilleurs technologies disponibles en matières de propreté/éfficacité des process., c'est déjà dans les lois, cela va devenir une obligation) et faisant en sorte que ce développement des sociétés et du progrés technologique se fassent le plus proprement possible. Y'a pas de mystère, en gardant notre mode de société on polluera toujours, on ne peut pas en changé donc faisons en sorte de "de salir" le moins possible, et que cette salissure puisse à terme disparaître via des bio-process, c'est ça le développement durable. Et je ne parle même pas des obligations en matière d'études préventives des risques écologiques, de suivis, d'obligation de réhabilitation des sites, de protection des znieffs à proximité des sites industriels qui sont imposées aux industriels. L'âge d'or où ils pouvaient salir et bousiller sans le moindre soucis n'importe quel coin de nature est terminé, du moins en Europe. Mais nous avons des programmes de collaboration à l'étranger et à l'est ou en Nord-afrique, on s'y met aussi sérieusement (il calcque ce qui est fait en Europe et nous ont les aide à adapter cela à leur contexte historique, économico-socio-culturel).

 

6 - Bref encore un film où l'on ne parle que de ce qu'on aurait du pas faire, qu'on ne fait pas mais pas de ce qu'on fait.....et pourtant les choses bougent violemment, suffirais que les médias relaient correctement l'infos. Aller, 2010 année de la biodiversité, on y crois......bon, seulement maintenant il faudrait que ce soit tout les ans maintenant vu la catastrophe (ça me fait autant marrer que la journée de la femme, alors qu'une femme meurt de violence conjuguales toutes les je sais plus combien d'heures :roll: ). Un peu marre de ces films, idem celui de Hulot, je suppose qu'océan est pareil, où l'on vous tire des larmes en vous montrant des baleines et des ours blancs que nous "tous coupables" (on se croierait à la messe avec le péché originel) nous faisons mourir, certe mais montrons également le monstrueux travail abattu dans la recherche, l'écologie (la "vraie" pas le vernie de sensiblerie "verte") l'expertise et le réglementaire pour essayer de sauver ce qui peu l'être.

 

Donc certes nos enfants nous accuserons, ils feront aussi certainement des boulettes, mais ils ne pourront pas nous accuser de n'avoir été que spectateurs et pas acteurs dans un sens positif (aprés le négatif), quelque soit le résultat. Souhaitons seulement qu'il y est une continuité dans ces avancées, mais personnellement j'y crois, et nos enfants auront une vision bien différente de ce qu'est une gestion raisonnée des ressources et de la nature. A nous de leur apprendre aussi.....

 

Désolé pour le paveton, je sais c'est chiant, mais le sujet m'intéresse doublement (personnellement et professionnellement).

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5- Donc tout cela pour dire, que ce film n'apporte rien. Si la proposition de tout arrêter, et de retourner vivre en pagne dans les bois, occuper toute la journée à creuser le sol pour trouver des racines comestibles.....non le dével. durable ce n'est pas l'arrêt du progrés de la civilisation, c'est la continuité, mais à la lumière de l'écologie industrielle, du recyclage et des BREF (acronymes anglais des meilleurs technologies disponibles en matières de propreté/éfficacité des process., c'est déjà dans les lois, cela va devenir une obligation) et faisant en sorte que ce développement des sociétés et du progrés technologique se fassent le plus proprement possible. Y'a pas de mystère, en gardant notre mode de société on polluera toujours, on ne peut pas en changé donc faisons en sorte de "de salir" le moins possible, et que cette salissure puisse à terme disparaître via des bio-process, c'est ça le développement durable. Et je ne parle même pas des obligations en matière d'études préventives des risques écologiques, de suivis, d'obligation de réhabilitation des sites, de protection des znieffs à proximité des sites industriels qui sont imposées aux industriels. L'âge d'or où ils pouvaient salir et bousiller sans le moindre soucis n'importe quel coin de nature est terminé, du moins en Europe. Mais nous avons des programmes de collaboration à l'étranger et à l'est ou en Nord-afrique, on s'y met aussi sérieusement (il calcque ce qui est fait en Europe et nous ont les aide à adapter cela à leur contexte historique, économico-socio-culturel).

 

Le développement durable est bien un développement économique des pays mais il prend en compte notre impact sur l'environnement ainsi que les questions sociales.

Mais pour moi beaucoup de choses n'avancent pas assez vite alors qu'elle pourraient aller beaucoup plus vite. Pour les zones naturelles protégées (ZNIEFF, ZPS ou ZSC) les industriels ont de fortes contraintes mais elles possèdent toujours un "droit à polluer" puisqu'elles ne reçoivent que de simples amendes pour leurs pollutions ponctuelles des milieux. La loi sur l'eau retranscrite d'après la législation Européenne est très en retard (en plus j'habite en Bretagne) en France, on s'est pris une première amende pour non respect des délais. Sans des lois strictes peu de gens prennent réellement conscience et même si ils prennent conscience de l'importance du respect de l'environnement, polluer leur coûtent souvent moins cher que de se mettre aux normes.

L'industrie automobile est toute puissante. Les normes environnementales fixées à 2012 sont déjà dépassées par certains modèles de voitures. Si à l'époque des normes beaucoup plus strictes avaient été fixées, elles auraient été atteintes par les constructeurs. A la place un même constructeur nous montre une petite citadine qui n'émet que peu de C02 et un bon gros 4X4 "fait pour la ville" !! De plus tous les grands constructeurs automobiles possèdent un moteur "écologique" fonctionnant avec une énergie alternative (je parle pas des biocarburants qui sont un non-sens) depuis une vingtaine d'année mais la puissance de l'industrie pétrolière bloque ces évolutions. Après dernièrement l'industrie automobile a connu une crise assez important et la question sociale fait partie du développement durable mais ne serait-ce pas le moment de rebondir et de proposer autre chose ?

Enfin, je bosse actuellement sur une étude d'optimisation de la gestion des déchets. Et ça fait très peur. Les industriels jettent des quantités impressionnantes de déchets recyclables dans les ordures ménagères et on ne leur dit rien !! Tout cela finit dans l'incinérateur... Même si le tri est déjà bien rentré dans la tête des particuliers beaucoup n'en ont rien à foutre. Certains pensent même que ça sert à rien de trier car de toute façon il y a des centres de tri et qu'on y trie tous les déchets, donc si on fait tous le tri les gens dans les centres de tri seront payés à rien faire... :shock:

On retrouve aussi des déchets médicaux, toxiques et dangereux dans les OM. Si ces déchets finissent enfouis ils ont un impact sur les milieux naturels sous formes de lixiviats plus ou moins agressifs.

 

Après beaucoup de choses sont faites dans le bon sens. Les gens prennent conscience petit à petit. Mais pour certains secteurs des restrictions plus fortes auraient un impact important et feraient changer les choses définitivement.

 

Désolé pour le paveton, je sais c'est chiant, mais le sujet m'intéresse doublement (personnellement et professionnellement).

Pas de problème, c'est plutôt intéressant et complet ce que tu racontes :wink:

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La loi sur l'eau retranscrite d'après la législation Européenne est très en retard (en plus j'habite en Bretagne) en France, on s'est pris une première amende pour non respect des délais. Sans des lois strictes peu de gens prennent réellement conscience et même si ils prennent conscience de l'importance du respect de l'environnement, polluer leur coûtent souvent moins cher que de se mettre aux normes.

 

C'est le coeur du problème, en tout cas pour le France. Les lois européenne avancent relativement vite et dans le bon sens, mais c'est transcription en droit français qui prend un temps calamiteux, sans parler du temps nécessaire à ce qu'elle entrent en application....si jamais le décret d'application est signé. Par rapport au secteur automobile, je te plussois mille fois fois. :lol:

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par des ingénieurs agricoles/agronomes, vecteur de la parôle divine pour le pauvre paysou limougeaud, par exemple

Un problème avec les ingénieurs agronomes ? :D

 

Bon, je n'ai pas vu ce film, mais je me représente assez bien ce qu'il raconte : j'en ai vu des douzaines comme ça...

Je mets un tout petit grain de sel dans le débat parce qu'aujourd'hui, j'ai pas trop le temps, mais il y en a des tonnes à dire (cf l'excellent post de Bullsnake !).

Bref, juste pour dire 2 choses :

 

1. C'est pas bon d'avoir un point de vue trop tranché façon Nicolas Hulot qui tend de plus en plus vers l'extrémisme. Ou alors façon Monsanto qui n'en a rien à foutre et met sur le marché des produits pas encore autorisés et potentiellement dangereux. Il y a un juste milieu : on ne s'en tirera pas en continuant à se comporter comme on l'a fait pendant les trente glorieuses (je parle du point de vue agricole, puisque c'est pendant cette période qu'ont 'explosé' les intrants chimiques pour l'agriculture, sans véritablement se soucier de l'impact environnemental), mais on ne s'en tirera pas non plus en passant au 'tout bio' comme on le voit parfois préconisé...

 

2. C'est bien de s'autoflageller parce que ça permet une indispensable prise de conscience des problèmes, mais il faut aussi ouvrir les yeux : les choses changent petit à petit, et c'est déjà mieux que rien. Le cadre législatif évolue, et les futurs acteurs (agriculteurs ou encore ingénieurs agronomes :ange: ) sont de plus en plus sensibilisés à l'enjeu environnemental inhérent à leur activité. On est donc en train de former des gens plus respectueux de l'environnement, notamment grâce à la recherche qui avance dans l'ombre. Pour moi, c'est ça qui fera évoluer les choses, plus que les milliards de films documentaires qui sont toujours trèèès orientés, voire carrément biaisés, et dont le seul but est de faire culpabiliser les foules sans apporter de solution (ou alors des solutions grotesques du type 'vivre tout nu dans la forêt et ne faire qu'un avec la nature'...).

 

Tiens, je rajoute un troisième point, et après je vais bosser :D :

 

3. Dans ce domaine là plus que partout ailleurs, il faut absolument prendre du recul par rapport à ce que disent les médias... Ils prennent systématiquement position et ne montrent généralement qu'une partie des problèmes, ce qui fait que les gens sont mal informés. Et ça, c'est grave.

 

Voilou voilou, c'est un peu fouillis, désolé :D .

 

:wink:

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par des ingénieurs agricoles/agronomes, vecteur de la parôle divine pour le pauvre paysou limougeaud, par exemple

Un problème avec les ingénieurs agronomes ? :D

 

 

Non rien :D , mais ce que je voulais dire, c'est que peut-être que le paysan a une époque, aurait mieux fait de continuer à faire confiance à certaines pratiques traditionnelles (jachères tournantes, culture de luzerne pour amender la terre en azote, culture parallèles destinées à éloignés les ravageurs (oeillet, géranium, une rangée toute les quelques rangées de culture légumière éloigne pas mal de ravageurs)), plutôt que de se lancer tête baissée dans le "tout engrais-tout pesticide", comme l'ont un peu préconisé ces gens-là à l'époque où l'agriculture a du se moderniser, pour produire plus (mais contexte particulier aussi, il ne faut pas l'oublier). Sauf que maintenant elle produit trop et on demande au gens justement de réintégrer certaines de ces pratiques anciennes et plus respectueuse (je parlais notamment des labours en superficie plutôt que de tout retouner sur un mètre), justement car cela permet de moins produire, mais mieux et moins sale.

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