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Meos Reptiles

Gongylophis Colubrinus (Boa des Sables d'Afrique de l'Est)

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Salut tout le monde

 

AprĂšs une fiche d’élevage sur le Python Vert (Morelia Viridis) je vous en propose aujourd’hui une nouvelle qui portera sur le Boa des Sables d’Afrique de l’Est (Gongylophis Colubrinus). Les informations que vous trouverez ici sont issues de plusieurs supports : sites internet, propres expĂ©riences d’élevage, ouvrages de terrariophilie et discussions avec d’autres Ă©leveurs.

 

Mon but sera ici d’essayer de corriger certaines inepties qui sont encore largement diffusĂ©es, notamment sur la toile. Je reste toutefois conscient que cette fiche peut ĂȘtre bien entendu, sujette Ă  discussions, et qu’elle ne prĂ©tend pas tendre Ă  l’exhaustivitĂ© concernant cette espĂšce. Pourtant, le Boa des Sables, en plus d’une morphologie spĂ©cifique, est considĂ©rĂ© comme un serpent pour dĂ©butant et n’a donc jamais vraiment attirĂ© l’attention des Ă©leveurs.

 

I. Généralités

 

Serpent atypique par la forme de son corps et par celle de son nez, cet ophidien n’en demeure pas moins un serpent aujourd’hui bien reprĂ©sentĂ© dans les terrariums français. Bien que relativement commun et considĂ©rĂ© comme un serpent « facile », l’achat de ce reptile ne peut se faire sans un minimum de renseignements afin d’accueillir votre nouveau protĂ©gĂ© dans de bonnes conditions. Il est donc important de connaĂźtre et comprendre le milieu d’origine de cette espĂšce ainsi que ses mƓurs dans la nature.

 

1) Un dĂ©bat taxonomique lointain et encore vivace aujourd’hui

 

Concernant la taxonomie, cette espĂšce a connu de multiples changements au niveau du genre et des sous-espĂšces.

 

A la base, Gongylophis Colubrinus a Ă©tĂ© appelĂ©e en 1758, Gongylophis Colubrinus Colubrinus par Linneus. Une seconde sous-espĂšce a fait son apparition en 1935 sous la plume de Stull, prenant le nom de Gongylophis Colubrinus Loveridgei. NĂ©anmoins durant le XXĂšme siĂšcle, le genre Gongylophis disparaĂźt et ces espĂšces passent alors dans celui d’Eryx, nom encore couramment donnĂ© par la communautĂ© terrariophile française.

 

C’est en 1989 que Taker revalide le genre Gongyglophis auquel appartient encore aujourd’hui cet ophidien, en compagnie de trois autres espĂšces : G. Muelleri, G. Conicus et G. Whitakeri. Il convient de prĂ©ciser que cette appartenance fait encore l’objet de dĂ©bat dans le monde de la recherche taxonomique.

 

De nos jours, il existe une discussion entre les scientifiques concernant l’existence ou non de sous-espùces :

- Certains affirment qu’il n’existe pas de sous-espĂšce mais deux localitĂ©s diffĂ©rentes : la localitĂ© Kenya, c’est-Ă -dire orange et la localitĂ© Egypte, de couleur jaune

- D’autres prĂ©tendent discerner 2 sous-espĂšces, G. Colubrinus Loveridgei, de couleur orange, et G. Colubrinus Colubrinus, la forme jaune.

- Enfin des chercheurs affirment qu’ils existent une autre sous-espĂšce, G. C. Rufescens, une forme marquĂ©e par une robe noire trĂšs largement dominante mais clairsemĂ©e de points oranges, habitant dans le nord de l’Ethiopie. Certains affirment mĂȘme qu’il s’agit d’une espĂšce Ă  part entiĂšre.

 

Gongylophis Colubrinus localité Egypte ou G. C. Colubrinus :

 

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Photo d'Hervé Reptiles

 

Gongylophis Colubrinus localité Kenya ou G. C. Loveridgei :

 

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Gongylophis Colubrinus Rufescens :

 

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2) Un boa d’Afrique Saharienne et Subsaharienne

 

Gongylophis Colubrinus, serpent nocturne et exclusivement terrestre, se trouve uniquement sur le continent africain, et principalement dans deux types de climats, désertique et semi-désertique.

 

- Carte

 

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Tirée de : http://www.les-eryx.fr.st/

 

Comme on peut le voir sur la carte, ce serpent fréquente deux milieux, répartis sur plusieurs pays :

- Le dĂ©sert, qui se caractĂ©rise par la presque inexistence de pluviomĂ©trie, et des Ă©carts de tempĂ©rature entre le jour et la nuit trĂšs importants, de l’ordre de plus de 20° : en Lybie, en Egypte, au Soudan, en Ethiopie (une partie) et en Somalie

- La savane qui connaßt une longue saison sÚche à laquelle répondent deux périodes de pluies (entre mi-mars et mi-mai et entre début-novembre et mi-décembre), les températures y sont relativement plus clémentes que dans le désert mais dépassent tout le temps les 18° : en Ethiopie (une partie), au Kenya et en Tanzanie

 

Cette rĂ©partition est Ă  prendre Ă  compte dans le maintien en captivitĂ© de cette espĂšce. Ce serpent peut donc s’adapter Ă  ces deux milieux mĂȘme si dans son article dans Reptil Mag N°44, Jonathan Dufour prĂ©tend que cette espĂšce ne vit pas forcĂ©ment enterrĂ© au milieu des dunes de sables comme il est fait Ă©tat dans de nombreux Ă©crits, mais prĂ©fĂšre s’abriter dans des terriers inoccupĂ©s dans des zones rocailleuses.

 

- Température et Pluviométrie

 

Etant donnĂ© la vaste aire de rĂ©partition de cette espĂšce, j’ai choisi de prĂ©senter des tableaux prĂ©sentant les tempĂ©ratures et les prĂ©cipitations dans deux pays diffĂ©rents, l’Egypte et la Tanzanie, afin de rendre compte au mieux du climat connu par Gongylophis Colubrinus. NĂ©anmoins, il faut garder Ă  l’esprit que ces tempĂ©ratures ne sont pas valables pour toutes les rĂ©gions car il existe des microclimats Ă  l’échelle mĂȘme d’un pays.

 

Températures maximum et minimum à Dodoma au centre de la Tanzanie :

 

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Précipitations moyennes à Dodoma au centre de la Tanzanie :

 

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TempĂ©ratures maximum et minimum Ă  Al-Karga dans le dĂ©sert au centre de l’Egypte :

 

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PrĂ©cipitations moyennes Ă  Al-Karga dans le dĂ©sert au centre de l’Egypte : je n’ai pas fait de tableau car il ne pleut pratiquement pas dans le dĂ©sert, mais une pluviomĂ©trie de moins 5 mm est Ă  noter pour le mois de septembre.

 

Ainsi comme on le voit, ce serpent s’adapte Ă  des tempĂ©ratures moyennes allant de plus de 40° Ă  prĂšs de 5°. Il supporte Ă©galement des changements de tempĂ©rature Ă©normes mais aussi moins importants, d’environ 10°. Cette mise au point permet de montrer la rĂ©sistance de ce serpent et sa robustesse face aux alĂ©as climatiques.

 

Si l’on se penche sur la pluviomĂ©trie des milieux oĂč vit Gongylophis Colubrinus, on constate qu’il supporte trĂšs bien l’ariditĂ© par certaines adaptations mais qu’il connaĂźt aussi dans son milieu naturel des prĂ©cipitations plus importantes.

 

Face Ă  ces rĂ©sultats, on peut logiquement se demander si le terrariophile ne doit pas adapter ses paramĂštres de maintenance en fonction de la sous-espĂšce ou de la localitĂ© qu’il possĂšde ? J’y reviendrai plus loin.

 

3) Description générale : un serpent atypique

 

Petit boïdé trapu, cet ophidien se distingue par plusieurs caractéristiques : son écaille rostrale, ses yeux, et sa queue. Les mùles adultes atteignent entre 45 et 60 cm tandis que les femelles peuvent dépasser les 85 cm. Concernant le poids, un mùle pÚse une centaine de grammes tandis que les femelles peuvent atteindre 400/500 grammes, voire davantage.

 

DĂ©tail de la tĂȘte et du nez :

 

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Cette photo nous montre deux spĂ©cificitĂ©s du Gongylophis Colubrinus. Les yeux ne sont pas vraiment situĂ©s sur le cĂŽtĂ© de la tĂȘte mais remontent un peu plus haut. Ils sont Ă©galement lĂ©gĂšrement globuleux. De plus, l’écaille rostrale est clairement distincte et avancĂ©e par rapport Ă  la mĂąchoire ce qui permet Ă  ce serpent de s’enterrer avec facilitĂ© dans le sable.

 

Concernant la tĂȘte en elle-mĂȘme, elle n’est pas bien dĂ©marquĂ©e du reste du corps, ce qui amĂšne certaines personnes Ă  les comparer Ă  des vers de terre.

 

DĂ©tail des Ă©cailles du corps :

 

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L’écaillure est relativement douce car composĂ©e de trĂšs nombreuses petites Ă©cailles. Le ventre est, quant Ă  lui, entiĂšrement blanc.

 

DĂ©tail de la queue :

 

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Celle-ci est rugueuse car les Ă©cailles forment de minuscules tubercules en ligne donnant une sensation bizarre lors de la manipulation. Il est Ă©galement Ă  noter chez les spĂ©cimens adultes comme juvĂ©niles, une importante diffĂ©rence de taille entre la queue d’un mĂąle et celle d’une femelle.

 

4) Les phases

 

Comme chez de nombreux reptiles, on a trouvé dans la nature quelques gÚnes jouant sur le phénotype des Gongylophis Colubrinus.

 

Il est important de connaĂźtre l’origine des animaux porteurs de ces gĂšnes car une fois le gĂšne « activĂ© », il est difficile de savoir de quelle localitĂ©, l’animal est originaire. En connaissant l’origine du gĂšne, on Ă©vite ainsi des croisements entre localitĂ©s.

 

De plus, aujourd’hui se dĂ©veloppe aux Etats-Unis, des phases qui n’en sont pas comme le Creamsicle chez la Pantherophis Guttatus. MĂȘme si le statut taxonomique du Gongylophis C. Rufescens n’est pas clair, on trouve couramment des individus, dit phasĂ©s car avec un phĂ©notype particulier, que l’on peut qualifier d’intergrade car issus d’accouplement G. Colubrinus avec G. C. Rufescens.

 

- Albinos :

 

Il existe deux souches de Boa des Sables d’Afrique de l’Est Albinos. En effet, on a trouvĂ© pour la localitĂ© Kenya comme pour la localitĂ© Egypte, un individu porteur du gĂšne Albinos. Je ne sais pas si ces deux souches sont compatibles entre elles mais ce mĂ©lange est Ă  Ă©viter afin de ne pas crĂ©er des individus « crossing ». Le gĂšne rĂ©cessif Albinos gĂ©nĂšre chez l’individu porteur homozygote, une absence de production de mĂ©lanine.

 

Albinos de la localité Egypte :

 

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Albinos de la localité Kenya :

 

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Ces deux localitĂ©s sont facilement distinguables car la souche Kenya est nettement plus colorĂ©e que celle d’Egypte. Pourtant c’est cette derniĂšre, qui est la plus prĂ©sente sur le marchĂ©. Les Albinos Kenya reproduits chez VPI (Dave et Tracy Barker) sont relativement plus rares du moins en France.

 

- Anerythritisque :

 

Cette phase rĂ©cessive a Ă©tĂ© pour la premiĂšre fois sortie par VPI (Dave et Tracy Barker) Ă  partir d’une souche kĂ©nyane. Les couleurs noir et grise caractĂ©risent cette morph.

 

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- Snow : (Albinos X Anery)

 

Cette phase est un combo, c’est-Ă -dire le mĂ©lange des deux gĂšnes rĂ©cessifs diffĂ©rents que l’on vient de voir : Albinos et Anery. Comme la souche Albinos Ă©gyptienne est la plus rĂ©pandue, on peut logiquement se dire qu’une grande partie des individus de phase Snow, sont des crossing, un mĂ©lange de localitĂ©s.

 

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- Paradox

 

Depuis quelques annĂ©es, est apparue la phase Paradox au sein des phases Albinos et Snow mais il n’existe pas Ă  ma connaissance d’individus Paradox chez les Anery. La gĂ©nĂ©tique du gĂšne Paradox n’est pas bien connue mais cette phase se distingue par la prĂ©sence de groupes d’écailles noires plus ou moins nombreux et plus ou moins Ă©tendus sur n’importe quelle partie du corps de l’animal.

 

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- Dodoma

 

Cette phase a Ă©tĂ© trouvĂ©e en Tanzanie et se caractĂ©rise par un pattern largement rĂ©duit et un orange assez effacĂ©. De plus, la tĂȘte n’a jamais de noir. Apparemment cette phase serait dominante.

 

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Photo tirée de Sand Boa Morphs

 

- Paint

 

C'est une phase récessive. Le noir est regroupé sur les flancs de l'animal créant une ligne dorsale importante au centre :

 

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- Splash

 

La génétique n'est pas bien connue mais il semblerait que ce gÚne soir récessif. La couleur est concentrée sur certaines parties du corps et le blanc remonte assez haut par endroit sur les flancs.

 

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- Calico

 

Le cÎté génétique de ce phénotype n'a pas été encore prouvé. Comme chez les autres animaux, des groupes d'écailles blanches sont présentes un peu partout sur le corps.

 

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- SuperStriped

 

Cette phase n’en ait pas une mais c’est le nom que l’on a donnĂ© Ă  la base Ă  G. C. Rufescens.

 

- Phases issus d’intergrades : Gongylophis C. avec Gongylophis C. Rufescens

 

Ces « morphs » n’en sont pas vraiment mais plutĂŽt le rĂ©sultat de croisement entre des individus de couleurs diffĂ©rentes. Elles sont souvent issues de la localitĂ© Kenya, toujours accouplĂ©es Ă  du G. C. Rufescens.

 

Tiger : G. Colubrinus X G. C. Rufescens : cet accouplement donne 50% de Tiger et 50% de Stripe

 

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Photo tirée de Sand Boa Morphs

 

Stripe : G. Colubrinus X G. C. Rufescens : cet accouplement donne 50% de Tiger et 50% de Stripe.

 

Cette « phase » a Ă©tĂ© ensuite accouplĂ©e avec de l’Anery, de l’Albinos ou du Snow. Elle est Ă©galement connue sous le nom de Pepper Striped.

 

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Photo tirée de Sand Boa Morphs

 

Nuclear : G. Colubrinus de phase Dodoma X G. C. Rufescens : sélectionnée par Roy Stockwell

 

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Photo tirée de Sand Boa Morphs

 

Ce petit boa africain connaĂźt donc dans la nature deux grands types de climats et de milieux. Aujourd’hui bien reprĂ©sentĂ© dans la terrariophilie sous diffĂ©rents coloris, ce serpent atypique fait encore l’objet aujourd’hui de dĂ©bats taxonomique notamment par rapport au statut de Gongylophis C. Rufescens. Tant que ce dĂ©bat n’est pas tranchĂ©, je dĂ©conseillerai fortement d’accoupler ces deux sous-espĂšces sous peine de voir affluer des intergrades dont la traçabilitĂ© est inexistante. Je prĂ©coniserai Ă©galement de ne pas accoupler des individus jaunes avec des individus oranges lĂ  encore pour des raisons de traçabilitĂ©. PassĂ© outre ce dĂ©bat scientifique, ce boa s’élĂšve trĂšs bien dans un terrarium dans la mesure oĂč l’on respecte ses besoins.

 

II. Maintien en captivité

 

Comme tous reptiles, le Gongylophis Colubrinus a des besoins spĂ©cifiques qu’il convient de respecter pour le bien-ĂȘtre de l’animal. Ce serpent est facile Ă  Ă©lever car il ne prend pas beaucoup de place, demande des installations « basiques » et est considĂ©rĂ© comme un bon mangeur. De plus, on en trouve souvent en vente en France, chez des Ă©leveurs amateurs comme chez les professionnels animaliers.

 

1) L’achat

 

Si vous voulez bien dĂ©buter avec ce serpent, il faut dĂ©jĂ  acheter une bĂȘte de qualitĂ©, c’est-Ă -dire exempt de parasites et autres maladies et s’alimentant toute seule de rongeurs dĂ©congelĂ©s.

 

- Nés en captivité ou sauvages ?

 

De nos jours et contrairement au Gongylophis Muelleri, les G. Colubrinus sont tout le temps issus de reproductions en captivitĂ© et c’est vers ce type de serpent qu’il faut impĂ©rativement se tourner pour Ă©viter les dĂ©convenues habituelles liĂ©s Ă  des animaux prĂ©levĂ©s dans la nature.

 

- Professionnels animaliers ou Ă©leveurs amateurs ?

 

On peut subdiviser les professionnels de l’animalerie en deux catĂ©gories : les grandes surfaces animaliĂšres et les Ă©leveurs professionnels.

 

L’achat dans une animalerie est risquĂ© et le prix de la bĂȘte y est souvent plus Ă©levĂ©. En effet, ces structures font tourner de trĂšs nombreuses bĂȘtes issues de diverses origines avec des quarantaines plus ou moins suivies. Ce roulement peut amener les animaux Ă  rĂ©cupĂ©rer des maladies ou des parasites des bĂȘtes voisines. De plus, vous ne pouvez connaĂźtre l’origine prĂ©cise du Boa des Sables. Si vous souhaitez vraiment acheter dans ce type de structures, faites le tour de tous les terrariums pour voir si ceux-ci sont bien entretenus. N’hĂ©sitez pas Ă©galement Ă  poser toutes les questions possibles et imaginables au titulaire du CDC Reptiles du magasin.

 

Chez un Ă©leveur professionnel, en gĂ©nĂ©ral, vous ĂȘtes sĂ»r que le serpent se nourrit correctement car la majoritĂ© d’entre eux font des fiches de suivie de prises de nourriture et de mues pour chaque animal. Vous pouvez Ă©galement voir les parents, cela vous permet notamment de connaĂźtre la taille de l’animal adulte.

 

Enfin, vous pouvez acheter un Gongylophis Colubrinus chez un Ă©leveur amateur qui vend des boas issus de sa reproduction personnelle ou qu’il a achetĂ© mais qu’il revend pour diverses raisons. Le prix y est gĂ©nĂ©ralement moins Ă©levĂ© que chez un professionnel car l’amateur n’a pas de charges Ă  payer. Comme chez les Ă©leveurs professionnels, vous pouvez voir les parents et questionner l’amateur sur ses conditions de maintien.

 

Ce que j’ai marquĂ© au dessus n’est pas une rĂšgle gĂ©nĂ©rale. Vous pouvez tomber sur de bonnes animaleries, comme sur des Ă©leveurs amateurs ou professionnels qui vous vendront des animaux non dĂ©marrĂ©s, porteurs de parasites, mal nourris... C’est Ă  vous, aprĂšs vous ĂȘtes bien renseignĂ©s avant votre achat, de juger de la qualitĂ© de la personne et du boa que vous avez en face de vous.

 

- Juvénile ou adulte ?

 

Acheter un sujet adulte ou juvĂ©nile n’est pas une question fondamentale mais chaque stade a ses avantages et ses inconvĂ©nients.

 

Chez les juvĂ©niles, le bon cĂŽtĂ©, c’est que vous allez avoir le plaisir de voir grandir votre serpent et de l’amener jusqu’à sa taille adulte, ce qui disons le, est vraiment gratifiant. Durant ce laps de temps, vous allez apprendre Ă  le connaĂźtre et Ă  juger son caractĂšre ainsi que son comportement. Vous allez Ă©galement pouvoir vous-mĂȘme l’habituer Ă  tolĂ©rer davantage la manipulation. L’inconvĂ©nient des juvĂ©niles, c’est qu’ils sont plus fragiles que les adultes, supportent moins bien vos erreurs, et ne sont parfois pas forcĂ©ment bien dĂ©marrĂ©s. De plus, il existe toujours un taux de mortalitĂ© juvĂ©nile, certes trĂšs faible mais qui existe quand mĂȘme.

 

Avec un adulte, vous disposez d’un animal s’alimentant dĂ©jĂ  bien, prĂȘt Ă  la reproduction et nettement moins fragile qu’un juvĂ©nile. NĂ©anmoins, vous ne connaitrez pas vraiment son caractĂšre, ou du moins, vous aurez les plus grandes peines Ă  le changer.

 

- Le prix ?

 

Le prix est Ă  voir en fonction de la provenance (animalerie, Ă©leveur professionnel ou amateur), mais Ă©galement de la phase, du sexe et de l’ñge de l’animal. Comptez 50-75 € chez un amateur pour un juvĂ©nile classique, et 99€ chez un professionnel.

 

2) Le terrarium

 

Vu la taille du serpent, celui-ci ne demandera pas de grandes installations et mĂȘme les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires au fonctionnement du terrarium seront rĂ©duits au minimum.

 

- Terrarium pour juvéniles :

 

Concernant mes juvĂ©niles, je les Ă©lĂšve dans une Breeding Box de chez ExoTerra de 30cm sur 19,5 cm. Je mets une couche de sable de trĂšs faible granulomĂ©trie sur 3/5 centimĂštres de haut. J’ajoute Ă©galement une petite soucoupe de pot de fleur avec un trou, Ă  moitiĂ© enterrĂ© dans le sable, histoire qu’ils aient une petite caverne. Comme bol d’eau, j’utilise un petit ramequin, Ă©galement quelque peu enfoncĂ© dans le sable.

 

Pour chauffer, je mets un petit tapis chauffant en dessous, branchĂ© sur un programmateur l’allumant environ 14h par jour.

 

Exemple d’une fauna box adaptĂ© Ă  un juvĂ©nile :

 

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- Terrarium pour adultes et sub-adultes

 

Mes adultes sont logĂ©s individuellement dans des ExoTerra de 45*45*45* cm. Si cela est largement suffisant pour le mĂąle, un terra de 60*45*45* cm serait un plus pour la femelle. Le substrat est lĂ  encore du sable de trĂšs faible granulomĂ©trie sur 5 cm mais je dois prochainement en rajouter pour atteindre le maximum possible, c’est-Ă -dire au niveau de l’aĂ©ration basse sur la face du terrarium.

L’amĂ©nagement du terrarium se compose d’un bol d’eau assez bas, d’une cachette moyenne placĂ© sur le point chaud et adaptĂ© Ă  la taille du serpent ; et de quelques branches, histoire de parachever le dĂ©cor.

Chaque terra est chauffé par un tapis chauffant collé sous la vitre et là encore, il est connecté à un programmateur pour un allumage en 8h et 22h.

 

Terrarium d’un adulte :

 

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3) Le chauffage

 

Comme dit plus haut, j’utilise uniquement des tapis chauffant pour chauffer mes terrariums. NĂ©anmoins, je pense qu’une lampe de 50W branchĂ©e dans le terra (avec une protection) ne peut pas faire de mal Ă  une femelle gestante. Cela lui permet de mieux chauffer son corps et donc de favoriser le dĂ©veloppement des futurs jeunes.

 

Concernant mon point chaud, celui-ci est Ă  environ 33°. La nuit, je n’ai aucun systĂšme de chauffage en route laissant ainsi le terrarium redescendre Ă  tempĂ©rature ambiante.

 

Si l’on Ă©tudie les tempĂ©ratures que rencontrent ces animaux dans la nature, on peut logiquement en dĂ©duire que la localitĂ© Orange et la localitĂ© Kenya ne vivent pas aux mĂȘmes tempĂ©ratures qu’elles soient diurnes ou nocturnes. Il serait peut-ĂȘtre bon de tenir compte de ces diffĂ©rences afin de chauffer diffĂ©remment les animaux en fonction de leur origine. Ainsi pour la localitĂ© Egypte, la tempĂ©rature devrait approcher les 35/40° la journĂ©e pour descendre Ă  tempĂ©rature ambiante la nuit, tandis que pour la localitĂ© Kenya, le point chaud devrait tourner autour de 30° pour redescendre Ă  tempĂ©rature ambiante la nuit.

 

4) L’hygromĂ©trie

 

Je n’ai aucune idĂ©e de mon taux d’hygromĂ©trie dans les terrariums de mes Gongylophis. En fait, Ă  partir du moment oĂč vous prenez une petite gamelle d’eau et que vous ne la placez pas au point chaud, votre taux n’a pas l’occasion de monter excessivement.

 

Je la relativiserai quelque peu la prĂ©tendue fragilitĂ© de ces serpents Ă  une hygromĂ©trie trop Ă©levĂ©e car comme on l’a vu plus haut, la localitĂ© Kenya connaĂźt dans la nature deux saisons des pluies.

 

5) L’éclairage

 

Hormis pour une femelle « gestante », je ne prĂ©conise pas de systĂšme d’éclairage Ă  partir du moment oĂč votre piĂšce accueillant le terrarium, est Ă©clairĂ©e normalement.

 

Faites attention Ă  certains vendeurs en animalerie essayant de vous vendre des nĂ©ons avec UV. Quelque soit l’intensitĂ© de ceux-ci, ils sont inutiles, voire dangereux pour ce boa, comme pour la trĂšs trĂšs grande majoritĂ© des serpents.

 

6) Le nourrissage

 

Ce serpent est un constricteur, c’est-Ă -dire qu’il Ă©touffe ses proies entre ses anneaux. Il chasse en gĂ©nĂ©ral, le museau lĂ©gĂšrement en dehors du substrat afin de sentir les proies passer avec sa langue. Vous retrouverez ce phĂ©nomĂšne dans votre terrarium.

 

Je nourris mes Gongylophis Colubrinus toutes les semaines de proies de taille adaptĂ©e. Les juvĂ©niles ont droit Ă  des rosĂ©s de souris. Les sub-adultes ont des blanchons, puis des sauteuses. Enfin, mon mĂąle adulte mange une sauteuse par repas, tandis que ma femelle mange une souris adulte toutes les semaines. Il est inutile voire risquĂ©, de donner des proies trop grosses Ă  ces ophidiens car ils ont une capacitĂ© d’ouverture de la mĂąchoire, un peu plus faible que les autres serpents.

 

Tous mes serpents sont nourris en dehors du terrarium, dans une boĂźte en plastique prĂ©vue Ă  cet effet. Certains parlent de l’existence d’un risque d’occlusion intestinale si l’on nourrit son serpent dans le sable. Je pense que cela peut se produire si l’on met du sable avec une grosse granulomĂ©trie comme celui utilisĂ© en aquariophilie mais si vous mettez du sable trĂšs fin, je ne pense pas que ce problĂšme puisse subvenir. En effet, sinon comment ce boa survivrait dans la nature ?

 

7) Une espĂšce dĂ©nuĂ©e d’agressivitĂ© ?

 

Dans de nombreux ouvrages et fiches d’élevage, il est clairement indiquĂ© que le Boa des Sables d’Afrique de l’Est est dĂ©nuĂ© d’agressivitĂ© et qu’il existe « trĂšs peu d'individus mordeurs ». Je relativiserai un peu ces propos mĂȘme s’il est clair que nous ne sommes pas en prĂ©sence d’un grand prĂ©dateur du genre humain.

 

En effet, sans dire que c’est un serpent agressif, je dirai plutĂŽt que chaque serpent possĂšde son petit caractĂšre. Sur les quatre Gongylophis que je possĂšde, deux sont clairement agressifs, n’hĂ©sitant pas Ă  mordre et Ă  se dĂ©battre vigoureusement Ă  chaque manipulation. Ma femelle adulte Ă©tait mordeuse au dĂ©part mais aprĂšs quelques mois de manipulation j’ai rĂ©ussi Ă  la calmer mĂȘme si elle reste lunatique. Elle est redevenue joueuse lors de la premiĂšre, et pour le moment unique, saison de reproduction. En effet, comme chez les Boa Constrictor Imperator, une fois pleine, elle est devenue agressive et Ă  mis environ deux mois Ă  retrouver son calme. Je n’ai qu’un individu vraiment placide. AprĂšs discussions avec des amis Ă©leveurs en possĂ©dant Ă©galement, j’ai pu constater que chez cette espĂšce, mĂȘme si le nombre d’individus calmes est dominant, certains peuvent ĂȘtre joueurs. Pourtant avec une manipulation rĂ©guliĂšre, mais sans ĂȘtre trop stressante pour le serpent, bon nombre d’individus se calment. J’ai bon espoir de ramener ma femelle Gongylophis C. Rufescens dans le droit chemin.

 

Le Boa des Sables d’Afrique de l’Est est donc un serpent dont le maintien est simple et ne demande pas une rĂ©elle expĂ©rience en terrariophilie mĂȘme si comme toujours avec les reptiles, il faut faire preuve de sĂ©rieux dans la maintenance, notamment afin d’avoir la chance un jour de voir ses serpents se reproduire.

 

III. Reproduire des Gongylophis Colubrinus

 

Reproduire ses serpents est toujours une fiertĂ© pour un Ă©leveur car cela tĂ©moigne du bon maintient de ses animaux. Le Gongylophis Colubrinus est un serpent rĂ©putĂ© simple Ă  reproduire. D’aprĂšs les tĂ©moignages que j’ai recueilli sur internet, de nombreuses personnes arrivent un matin et trouve les petits de cet ophidien ovovivipare, un peu partout dans le terrarium sans savoir rĂ©ellement ce qu’ils ont fait et ce qui s’est passĂ© pendant tout le cycle reproducteur. Je dirais que ce dernier est la principale zone d’ombre de l’élevage de ce serpent, obscuritĂ© renforcĂ©e par des fiches d’élevage faisant toujours la mĂȘme erreur Ă  propos de l’hibernation.

 

Je prĂ©cise Ă©galement que je n’ai moi-mĂȘme pas Ă©tĂ© au bout de ce cycle reproductif car cette annĂ©e ma femelle a mis bas un mort-nĂ© et deux slugs. NĂ©anmoins, les observations et les vidĂ©os rĂ©alisĂ©es durant la gestation et aprĂšs la parturition sont trĂšs intĂ©ressantes et n’ont jamais Ă©tĂ© abordĂ©es Ă  ma connaissance dans une fiche d’élevage française.

 

1) Le sexage

 

Bien entendu avant de vouloir reproduire ce boa, il faut s’assurer que l’on dispose bien d’un couple. Plusieurs techniques peuvent ĂȘtre utilisĂ©es afin de dĂ©terminer le sexe de votre reptile.

 

- Eversion des hémipénis :

 

L’éversion des hĂ©mipĂ©nis consiste Ă  faire sortir les organes reproducteurs des animaux par une pression au niveau du cloaque. Si c’est un mĂąle, les deux hĂ©mipĂ©nis sortent et sont facilement visibles. Pour une femelle, rien n’est visible ni irriguĂ© par des vaisseaux sanguins.

 

Cette technique vaut surtout pour des juvĂ©niles et encore vu la taille elle reste un challenge.Les adultes sont quant Ă  eux, capables de se contracter et d’empĂȘcher la saillie des hĂ©mipĂ©nis.

 

- Le sondage :

 

Le sondage est l’autre technique couramment utilisĂ©e pour dĂ©terminer le sexe des serpents en terrariophilie. Il consiste Ă  introduire dans le cloaque en direction de la queue, une sonde. Si celle-ci s’enfonce d’une dizaine d’écailles, on est en prĂ©sence d’un mĂąle. Au contraire, si la sonde n’arrive qu’au niveau de 3 Ă  4 Ă©cailles, c’est une femelle.

 

- Divers indices :

 

Les deux techniques prĂ©cĂ©dentes comportent un risque pour l’animal si elles sont mal exĂ©cutĂ©es. C’est pour cette raison que je tiens Ă  prĂ©ciser d’autres techniques ou plutĂŽt des indices qui peuvent se rĂ©vĂ©ler assez fiables.

 

La taille de l’animal adulte peut facilement permettre de dĂ©finir le sexe, la mesure oĂč le serpent a Ă©tĂ© correctement alimentĂ© depuis sa naissance. En effet, un mĂąle avoisine les 100 grammes alors qu’une femelle peut dĂ©passer les 500, autant dire que l’erreur est difficilement rĂ©alisable. Si vous ĂȘtes en prĂ©sence de juvĂ©niles, il faut se rĂ©fĂ©rer Ă  un autre indice qui marche chez les adultes comme chez les bĂ©bĂ©s et qui est sans aucun risque : comparer la taille des queues. En effet, les femelles Gongylophis Colubrinus ont une queue trĂšs courte mais assez trapu au contraire des mĂąles oĂč celle-ci est longue et assez fine. Si c’est plus difficile Ă  voir chez des juvĂ©niles, avec un peu de pratique, on arrive trĂšs facilement Ă  dĂ©terminer le sexe de l’animal dans la mesure oĂč l’on dispose dans sa portĂ©e d’un mĂąle et d’une femelle. Cette technique rend donc inutile les techniques d’éversion et de sondage.

 

Photo comparant la queue d’un mñle à gauche et d’une femelle à droite chez des adultes :

 

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2) La question du poids et la primiparité

 

Le poids est selon moi, un facteur capital avant de mettre Ă  la reproduction vos deux Boas des Sables d’Afrique de l’Est. Un mĂąle peut-ĂȘtre sexuellement mature aprĂšs son deuxiĂšme hiver lorsqu’il atteint un poids d’environ 75 grammes. Pour une femelle, je conseillerai d’attendre 250 grammes, poids qu’elle Ă©gale durant aprĂšs son troisiĂšme hiver.

 

A la base, on m’avait conseillĂ© 160 grammes mais vu le rĂ©sultat de ma portĂ©e, je pense que ce poids est bien trop faible pour qu’une femelle assure sans problĂšme, une portĂ©e. NĂ©anmoins, j’ai remarquĂ© en suivant avec attention les quelques naissances de Gongylophis Colubrinus sur les forums, que cette espĂšce est sujette un peu plus que les autres, au phĂ©nomĂšne de primiparitĂ©. Durant leur premiĂšre saison de reproduction, elles font souvent un petit nombre de bĂ©bĂ©s, autour de cinq alors que durant la seconde saison, ce chiffre grimpe facilement autour de quinze petits.

 

3) Cyclage ou non cyclage : La principale erreur des fiches d’élevage sur internet

 

Avec la question du cyclage, nous touchons le gros point faible des articles et fiches d’élevage française. En effet, il est rĂ©pĂ©tĂ© partout que mĂȘme si une pĂ©riode d’hibernation n’est pas obligatoire pour obtenir une reproduction, on peut quand mĂȘme placer ses serpents 10-12° pendant deux mois. Or comme on l’a vu dans la premiĂšre partie sur le climat, ces reptiles ne connaissent jamais ces tempĂ©ratures pendant deux mois entiers que ce soit pour la localitĂ© Kenya ou celle d’Egypte. Certes, ils peuvent subir de telles tempĂ©ratures pendant quelques jours, ou juste pour la nuit, mais jamais pendant deux mois complets. Mon couple provient d’un Ă©leveur qui a essayĂ© cette technique une annĂ©e sur un couple pour se retrouver au final avec deux cadavres.

 

Afin de connaĂźtre le climat que rencontrent les Gongylophis Colubrinus dans leur hiver africain, il est nĂ©cessaire de se reporter sur les tableaux de tempĂ©rature de la premiĂšre partie. Ainsi les spĂ©cimens de localitĂ© Kenya subissent des tempĂ©ratures allant de 24° pour la journĂ©e Ă  15° la nuit. Quant aux serpents de la localitĂ© Egypte, la tempĂ©rature de jour avoisine les 22°, pour 5° la nuit. Si l’on regarde ces tempĂ©ratures, on se rend compte qu’elles sont difficiles Ă  mettre en place chez soi, surtout pour les boas originaires du dĂ©sert.

 

Personnellement, je compte laisser mes serpents issus du Kenya à température ambiante pendant trois mois (du 1er décembre au 1er mars) sachant que dans ma piÚce en hiver, il y rÚgne à peu prÚs 22° la journée pour 18-19° la nuit. Darren Boyd de son cÎté propose une température de 21° pendant deux mois.

 

4) L’accouplement

 

Concernant l’accouplement, il n’y a rien de rĂ©ellement particulier. J’ai placĂ© mon mĂąle le 10 avril 2011, dans le terrarium de ma femelle. DĂšs le 11 avril, j’ai pu constater un lock. C’est d’ailleurs le seul que j’ai pu constater. Le mĂąle a Ă©tĂ© en contact deux fois durant cinq jours avec la femelle, avec un intervalle de sept jours entre les deux rassemblements. J’ai dĂ» remettre le mĂąle un mois aprĂšs aux alentours de la mi-mai sans constater d’autres accouplements.

 

Photo d’un accouplement de Gongylophis Colubrinus de la localitĂ© Kenya : notez la diffĂ©rence de taille entre le mĂąle et la femelle :

 

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5) La gestation

 

La gestation est une pĂ©riode critique pour la femelle. Celle-ci doit ĂȘtre dans les meilleures conditions possibles afin de dĂ©velopper au mieux les futurs boas. Mon mĂąle ayant pris ma femelle le 11 avril et ma femelle ayant mis bas le 16 aoĂ»t, la gestation a donc durĂ© 127 jours. Selon la chaleur apportĂ©e Ă  la femelle, la durĂ©e peut varier entre 4 Ă  6 mois. Je conseille afin d’éviter tous problĂšmes durant la gestation, d’augmenter le point chaud de la femelle Ă  35° par l’utilisation d’une lampe de faible puissance (30/50W).

 

Avec les Gongylophis Colubrinus, comme avec de nombreux Erycinae, on ne peut se fier Ă  l’arrĂȘt de l’alimentation pour juger de la rĂ©ussite des accouplements. En effet, les femelles peuvent arrĂȘter de s’alimenter une semaine plus tard, pour reprendre deux semaines plus tard sans ĂȘtre gestante. Quelques indices vous permettent de savoir si votre femelle est pleine :

- Un changement de caractÚre : plus de nervosité

- Un embonpoint sur le dernier tiers du corps, trĂšs visible de profil

- Des vagues sur les flancs sur le dernier tiers du corps

- La recherche de chaleur : la femelle passe le plus clair de son temps sur le point chaud

Durant la gestation, il faudra avant tout veiller à nourrir la femelle avec des proies plus petites qu’à l’accoutumer. L’autre point capital pour une bonne gestation, c’est de laisser au maximum, tranquille la femelle.

 

6) La mise-bas ou parturition

 

- Les jours précédents

 

Contrairement Ă  d’autres espĂšces, il ne semble pas exister de mue de prĂ©-ponte pour cette espĂšce. Manquant d’informations Ă  ce sujet, je prĂ©cise tout de mĂȘme que ma femelle a fait sa derniĂšre mue avant sa mise-bas, le 07 juin 2011. Sur la fin de la gestation, on voit clairement la portĂ©e descendre au niveau du cloaque.

 

Quelques jours avant de donner naissance Ă  des petits dĂ©jĂ  formĂ©s, la femelle devient de plus en plus active, faisant continuellement le tour de son terrarium. Certains Ă©leveurs mettent une boĂźte humide avec de la sphaigne Ă  l’intĂ©rieur pour aider la femelle Ă  mettre bas. En effet, il a Ă©tĂ© constatĂ© que chez certaines espĂšces de Boa, les femelles ont tendance Ă  mettre bas lorsqu’il pleut afin d’effacer les odeurs prĂ©sentes sur les nouveau-nĂ©s et sur la femelle.

 

- La mise-bas :

 

La parturition se dĂ©roule en gĂ©nĂ©ral au petit matin et plus rarement l’aprĂšs-midi. Les contractions qui aident Ă  expulser les petits sont clairement visibles sur le corps de la femelle. Cette derniĂšre lĂšve sa queue pratiquement en angle droit par rapport Ă  son corps. Les bĂ©bĂ©s sortent un par un ou par grappe. Ils sont encore enveloppĂ©s de la membrane de l’Ɠuf oĂč ils se sont dĂ©veloppĂ©s dans le corps de leur mĂšre. Ils s’en extraient rapidement mais gardent pour quelques jours leur cordon vitellin. Certains n’ont pas fini de rĂ©sorber leur sac vitellin, chose qu’ils feront dans les premiers jours de leur vie.

 

Vidéo de contractions de ma femelle Gongylophis :

 

 

- Les slugs et morts nés : entre survie et instinct maternel

 

Pour ma premiĂšre annĂ©e de reproduction, je n’ai pas eu de petits en vie. Pourtant j’ai quand mĂȘme pu assister Ă  deux phĂ©nomĂšnes que l’on voit rarement en terrariophilie : c’est-Ă -dire une femelle mangeait un slug, et essayer de faire bouger son petit, malheureusement mort.

 

En effet, ma femelle m’a fait deux slugs, dont un qu’elle a ingĂ©rĂ© afin de reprendre des forces suite Ă  cette Ă©preuve.

 

Vidéo de ma femelle mangeant un slug :

 

 

Les deux Ɠufs non fĂ©condĂ©s ont Ă©tĂ© accompagnĂ©es par un petit qui n’était pas assez formĂ© et qui Ă©tait mort Ă  la naissance. NĂ©anmoins, j’ai pu assister Ă  ce qu’on pourrait considĂ©rer comme un instinct maternel. En effet, la femelle a essayĂ© de faire bouger le sac renfermant le petit et elle a Ă©galement mis de petits coups de dents dedans, pour certainement rĂ©veiller le petit. Son petit manĂšge a durĂ© presque trois heures. Le lendemain matin, elle avait Ă©galement avalĂ© son petit.

 

Vidéo de ma femelle essayant de réveiller son petit :

 

 

- La femelle aprĂšs

 

AprĂšs la parturition, la femelle est considĂ©rablement amaigrie. Il va lui falloir quelques temps avant de retrouver un bon caractĂšre mais aussi ses formes. J’ai remarquĂ© chez la mienne que durant deux ou trois semaines suivant la parturition, elle prĂ©sentait encore une petite masse sur 5/10 cm en remontant du cloaque. Apparemment rien d’anormal lĂ  dedans, il est possible que ce soit du liquide issu de sa gestation. Ce dernier est ensuite Ă©liminĂ© avec les selles.

 

Photo comparant deux femelles : Ă  gauche, une encore gestante et Ă  droite, une venant de mettre bas :

 

428499eryxkenyansandboapregnant3.jpg

 

 

7) L’élevage des jeunes

 

Les nouveau-nĂ©s mesurent une vingtaine de centimĂštres pour une petite dizaine de grammes et sont logĂ©s dans un terrarium pour juvĂ©nile dĂ©crit plus haut, mĂȘme si je conseille de les garder sur sopalin humide tant qu’ils n’ont pas fait leur mue ou rĂ©sorber leur sac vitellin. Ils rentrent rapidement en mue aprĂšs leur naissance. Une fois celle-ci passĂ©e, on peut commencer Ă  tenter le nourrissage, qui apparemment se dĂ©roule sans trop de problĂšmes Ă  partir du moment oĂč la proie est adaptĂ©e Ă  la taille du boa et posĂ©e dans une petite boĂźte. Il serait plus facile des les dĂ©marrer avec du vivant avant de progressivement les passer au fraĂźchement tuĂ©, puis au dĂ©congelĂ©.

 

IV. Bibliographie et forums

 

1) Bibliographie

 

- Boyd Darren, « Kenyan San Boa », Reptiles, Volume 16, N° 5, May 2008, p. 28-31 : article court mais intéressant et prenant à contre-pied les articles français notamment en matiÚre de reproduction

- Dufour Jonathan, « Histoire naturelle et Ă©levage du boa des sables d’Afrique de l’Est (Gongylophis Colubrinus) », Reptil Mag, N°44, Avril-Juin 2011, p. 39-41 : article sommaire mais une bonne base sauf pour la partie « Reproduction » n’apportant absolument rien

- GĂ©rard Philippe, Hussard Nicolas, Rosselle StĂ©phane, Savarin Philippe, Dr Schilliger Lionel, Atlas de la Terrariophilie : Les serpents, Volume 1, Animalia Editions, UE, 2003 : j’ai la 1Ăšre Ă©dition oĂč la fiche d’élevage comporte les mentions trĂšs discutables de « pas de spĂ©cimens agressifs » et « repos hivernal d’environ deux ou trois mois Ă  10 et 12° ».

- Walls Jerry, Boas rosy and ground, Editions TFH : livre malheureusement non consulté

 

2) Forums et sites internet

 

- Forums : il n’existe aujourd’hui pas de forums traitant uniquement des petits boas, j’ai trouvĂ© mes informations sur divers forums comme Absolut Regius, Le Monde des Reptiles, Terra Boidae


- http://www.les-eryx.fr.st/ : bon petit site sur les Eryx et Gongylophis en général malheureusement pas totalement terminé

- http://www.sandboapage.com/index.html : site complet mĂȘme si quelques approximations

- http://www.kingsnake.com/sandboa/colubrin.html : page courte mais intéressante notamment concernant les phases

- http://www.sandboamorphs.com/#! : super site d’un gars vraiment sympa

- http://www.sandboamorphs.blogspot.com/ : son blog

 

 

VoilĂ  pour cette nouvelle fiche d’élevage, j’espĂšre qu’un peu plus de monde s’intĂ©ressera Ă  ce boa qui le mĂ©rite vraiment. Je me rĂ©pĂšte, mon exposĂ© est ambitieux mais forcĂ©ment sujet Ă  toutes critiques ou rajouts d’expĂ©riences qui ne peuvent qu’ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques. Je rappelle Ă©galement qu’avant de prendre un reptile quel qu’il soit, il est capital de bien se renseigner avant de l’acheter.

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Guest Tehonu

Alors je suis sur le c*l, tant par la qualité de cette fiche que par son contenu, c'est du super boulot ! :shock:

Vraiment chapeau, j'ai tout compris (et dieu sait que c'est un exploit :lol: ) et j'ai appris plein de trucs.

Le comportement de la mÚre vis à vis du mort né m'a beaucoup impressionné...Est-il normal que je le soit ?

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Guest -M-ala

Wahou, beau travail, c'est trÚs complet et intéressant !

Le sable ne pose pas de problÚme pour le nourrissage ? Lorsque elle mange son slug, la quantité de sable ingéré ne provoque aucun soucis ?

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Guest alan98
un truc que je comprends pas, qu'est-ce qui prouve que ce serpent est un boa ? et non un python ?
t'en pose des question :-D et bah je croie que c'est les scientifique qui la déterminé

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Guest alan98

et aussi je viens de regarder dans l'atlas de la terrario il dissent qu'il ressemble a un anaconda un peu donc c'est peu etre pour sa aussi et vu que les anaconda sont des boide

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un truc que je comprends pas, qu'est-ce qui prouve que ce serpent est un boa ? et non un python ?

 

Alors le livre de Chris Mattison, Tous les serpents du monde, Les pythons se distinguent des boas par 3 caractéristiques principales :

- la répartition : aucun python n'est présent aux Amériques au contraire des Boas présents partout dans le monde

- la disposition des os du crĂąne

- le mode de reproduction : pratiquement tous les Boas sont ovovivipare Ă  l'exception de Calabaria Reinhardtii, Gongylophis Muelleri

AprĂšs le dĂ©bat n'est pas vraiment tranchĂ© parmi les scientifiques, certains considĂ©rant boas et pythons comme appartenant Ă  une seule et mĂȘme famille, les BoĂŻdĂ©s, tandis que d'autres estiment que les pythons sont d'une autre famille, les PythonidĂ©s :wink:

 

ala":3lrjn1a6]Wahou, beau travail, c'est trÚs complet et intéressant !

Le sable ne pose pas de problÚme pour le nourrissage ? Lorsque elle mange son slug, la quantité de sable ingéré ne provoque aucun soucis ?

 

Je te remets ce que j'ai Ă©crit dans la fiche :

"Tous mes serpents sont nourris en dehors du terrarium, dans une boĂźte en plastique prĂ©vue Ă  cet effet. Certains parlent de l’existence d’un risque d’occlusion intestinale si l’on nourrit son serpent dans le sable. Je pense que cela peut se produire si l’on met du sable avec une grosse granulomĂ©trie comme celui utilisĂ© en aquariophilie mais si vous mettez du sable trĂšs fin, je ne pense pas que ce problĂšme puisse subvenir. En effet, sinon comment ce boa survivrait dans la nature ?"

Concernant le slug ingéré, ça fait maintenant 4 mois qu'elle l'a ingéré et elle est toujours de ce monde et c'est renourrie normalement depuis :wink:

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