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Meos Reptiles

Histoire naturelle de l'Eryx Borrii

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[align=center]Eryx Borrii, histoire naturelle[/align]

 

Cette fiche n’est en aucun cas une fiche d’élevage mais plutĂŽt un rĂ©sumĂ© de l’histoire naturelle de ce serpent, Eryx Borrii. En effet, je ne possĂšde pas cette espĂšce, je ne peux donc logiquement pas donner des conseils sur sa maintenance. NĂ©anmoins, Ă  travers les quelques donnĂ©es que j’ai pu collecter ici et lĂ  principalement sur le net, il est tout Ă  fait possible d’en savoir plus sur cette espĂšce « rĂ©cente », car seulement dĂ©crite en 2005. J’ai notamment rĂ©ussi Ă  trouver le seul et unique article le dĂ©crivant, une partie des informations qu’il nous livre sera donc repris ici.

 

Je vais donc rĂ©sumer mon propos Ă  quelques gĂ©nĂ©ralitĂ©s sur sa vie dans la nature, c’est-Ă -dire son aire de rĂ©partition, le climat sous lequel il vit, sa description. Une approche de sa systĂ©matique ouvrira cet article.

 

I. Taxonomie et systématique chez Eryx Borri

 

Tout d’abord, il faut savoir que ce serpent est trĂšs mĂ©connu parmi la communautĂ© scientifique et peu Ă©tude s’intĂ©resse Ă  lui. Il a Ă©tĂ© dĂ©crit pour la premiĂšre fois en 2005 par deux chercheurs italiens de l’universitĂ© de Florence, Benedetto Lanza et Annamaria Nistri dans leur article « Somali Boidae and Pythonidae ».

 

Le nom qui lui a Ă©tĂ© attribuĂ©, « Borrii » vient d’un herpĂ©tologue italien, ami des deux scientifiques. Cette espĂšce a Ă©tĂ© incluse dans le genre Eryx car elle est trĂšs proche d’une autre espĂšce du genre Eryx, E. Somalicus.

 

La date rĂ©cente de dĂ©couverte semble expliquer le fait que je n’ai pas trouvĂ© de rĂ©fĂ©rences quant Ă  des possibles dĂ©bats sur cette espĂšce. On peut toutefois ĂȘtre sĂ»r que des discussions vont naĂźtre prochainement parmi les scientifiques, quant Ă  sa validitĂ©, un seul spĂ©cimen Ă©tant connu. DĂ©jĂ , on observe sur les deux sites internet de systĂ©matique que j’ai consultĂ© (consultation le 07/02/2012), ITIS et Reptile Database qu’Eryx Borrii n’est pas inventoriĂ© par la premiĂšre au contraire de la seconde.

 

Apparemment, le seul spĂ©cimen connu qui sert Ă©galement d’holotype, aurait Ă©tĂ© prĂ©levĂ© en 1900 et serait aujourd’hui dĂ©tenu par le British Museum of National History de Londres. L’animal en question, une femelle, a Ă©tĂ© capturĂ©e Ă  Biji, par Arthur Donaldson Smith (1866-1939), un explorateur amĂ©ricain probablement lors de son expĂ©dition qui partit du Somaliland vers le Kenya dans les annĂ©es 1890.

 

II. Une aire de répartition minuscule : Biji dans le nord de la Somalie ou Somaliland

 

AprĂšs quelques recherches, il m’a Ă©tĂ© possible de localiser la ville de Biji qui se trouve au Somaliland, une rĂ©gion du nord de la Somalie, ayant dĂ©clarĂ©e son indĂ©pendance en 1991. Ce village semble ĂȘtre Ă  la croisĂ©e de deux vallĂ©es, dans les contreforts de l’est du Ras Dashan (chaĂźne montagneuse d’Ethiopie). Cette bourgade se situe Ă  environ 350 mĂštres d’altitude en bas d’un massif culminant Ă  plus de 1 200 mĂštres de hauteur. On peut donc estimer que l’on retrouve cette espĂšce entre 300 et 1 200 mĂštres d’altitude.

 

Ce serpent vit donc soit dans des régions montagneuses soit dans les plaines bordant ces massifs. Il doit certainement se cacher dans le sable ou dans les fissures des escarpements rocheux.

 

Carte montrant Biji, Somaliland :

 

658757CarteBiji.jpg

 

III. Etude du climat du Somaliland

 

Afin de montrer le climat dans lequel Eryx Borrii Ă©volue, j’ai rĂ©ussi Ă  trouver la pluviomĂ©trie, l’hygromĂ©trie ainsi que les tempĂ©ratures minimums et maximums. Pour les deux premiĂšres donnĂ©es, les relevĂ©s ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă  Boorama, une ville somalienne situĂ©e Ă  l’ouest de Biji, Ă  1 500m d’altitude, sur la frontiĂšre avec l’Ethiopie. Concernant les tempĂ©ratures, ces derniĂšres viennent de la capitale du Somaliland, Hargeisa, un peu plus au sud de Biji, oĂč l’altitude est d’environ 1 300m.

 

Températures minimums et maximums à Hargeisa :

 

474060tempratureHargeisa.jpg

 

Pluviométrie moyenne à Booroma :

 

998734PluviomtrieBooroma.jpg

 

Hygrométrie moyenne à Booroma :

 

223223HygromtrieBooroma.jpg

 

Comme on le voit sur ces tableaux, Eryx Borrii se rencontre dans un climat qui connaĂźt deux saisons sĂšches et deux humides. De plus, la Somalie se trouvant sous les tropiques, la saison humide correspond aux tempĂ©ratures maximales de la rĂ©gion tandis que les saisons sĂšches voient la fraĂźcheur s’installer.

 

Si l’on s’intĂ©resse aux tempĂ©ratures, on observe que cette espĂšce vit Ă  des tempĂ©ratures diurnes allant de 23° Ă  31°. En regardant le tableau, on voit que la saison chaude dure (et ce malgrĂ© la petite pĂ©riode sĂšche de juin), du mois de mars Ă  octobre. La tempĂ©rature durant cette pĂ©riode sont de 28-31° la journĂ©e et redescendent Ă  16-17° la nuit. Entre octobre et fĂ©vrier, Eryx Borrii subit une baisse de tempĂ©ratures. En effet, en pleine journĂ©e celle-ci tourne autour de 24-26° maximums et s’approche des 10° la nuit.

 

Concernant la pluviomĂ©trie, on observe bien deux saisons et deux saisons humides dont une plus courte que l’autre. On va dire que la premiĂšre saison humide dĂ©bute entre avril et mi- mai, puis fait place de mi-mai Ă  juin Ă  une saison sĂšche. Survient Ă  partir de juillet et jusqu’à septembre une nouvelle saison humide avec des prĂ©cipitations de l’ordre de 110 mm par mois (comme pour la premiĂšre saison humide). Enfin l’annĂ©e se termine d’octobre Ă  mars par une saison sĂšche et fraĂźche pendant laquelle il ne pleut pratiquement pas.

 

L’hygromĂ©trie que connaĂźt cette espĂšce semble assez stable tournant entre 45% et 60%.

 

Ces donnĂ©es climatiques sont relativement fiables et collent Ă  des rĂ©gions proches de l’endroit oĂč Eryx Borrii a Ă©tĂ© capturĂ© pour la seule et unique fois. NĂ©anmoins, un microclimat n’est pas Ă  exclure.

 

IV. Une description se basant sur un seul spécimen

 

PlutĂŽt que de chercher Ă  rĂ©sumer ou Ă  paraphraser les explications de Lanza et Nistri, je vous donne directement la traduction (comportant Ă©ventuellement des fautes) d’une partie de leur article :

 

"Les Ă©cailles de la tĂȘte sont Ă©largies, lisses et juxtaposĂ© jusqu’au niveau des yeux, les Ă©cailles entre le niveau antĂ©rieur des yeux et les post-nasales sont plus petites que chez E. Somalicus, leur nombre minimum le long de la rĂ©gion du museau est de trois. Le rostre est Ă©pais et important, environ 2.5 fois plus large que haut, avec un bord horizontal. Les narines sont entourĂ©es par deux Ă©cailles seulement (une post-nasale, et une Ă©caille dĂ©rivant de la fusion des Ă©cailles inter-nasales et prĂ©-nasales, apparemment seulement fusionnĂ©es sur le cĂŽtĂ© droit). 5/5 Ă©cailles inter-orbitales et 10/10 circum-orbitales sont prĂ©sentes. Les yeux sont sĂ©parĂ©s des lĂšvres par 1/1 Ă©caille. Il y a 3/3 Ă©cailles entre les post-nasales et les yeux. Il possĂšde 10/11 Ă©cailles supra-labiales. Il y a Ă©galement 12 Ă©cailles entre le crĂąne et les premiĂšres Ă©cailles pseudo-ventrales. Le sillon crĂąnien est absent. Les Ă©cailles du corps sont lisses au dĂ©part et deviennent de plus en plus rugueuses, tandis que celle de la queue le sont fortement. Il possĂšde 39 Ă©cailles mi-corps et 193 ventrales, une Ă©caille anale, 26 Ă©cailles sud-caudales. La queue est courte, conique, pointue, lĂ©gĂšrement courbĂ©e sur la fin, constituant Ă  peu prĂšs 8,25% du total du corps.

 

Le corps est mince. Le ratio taille totale/diamùtre maximum s’approche des 39,35. La taille totale est de 390 mm.

 

Les dents maxillaires et mandibulaires sont solides, non sillonnĂ©es, et arrangĂ©es de façon anonodonte et scaphiodonte. Le serpent possĂšde entre 8 et 9 dents maxillaires et mandibulaires. Les dents palatines et ptĂ©rygoĂŻdes n’ont pas Ă©tĂ© comptĂ©es.

 

Les couleurs ont Ă©tĂ© dĂ©crites alors que l’animal avait Ă©tĂ© plongĂ© dans l’alcool. La couleur du dos est brune, plus claire sur la tĂȘte et sur les cĂŽtĂ©s du corps avec des lignes longitudinales d’un blanc-cassĂ© plus ou moins obliques et fragmentĂ©es, fusionnant parfois pour former des bandes Ă©troites ondulĂ©es. Les parties infĂ©rieurs des flancs sont blancs-cassĂ©es avec de petits points noirs irrĂ©guliers et parfois une sĂ©rie de points noirs et marrons ronds. (
).

 

Cette nouvelle espĂšce est morphologiquement proche d’Eryx Somalicus mais se distingue par une morphologie plus svelte (un ratio longueur/diamĂštre maximum d’environ 39.35 contre 24,03-30 pour l’Eryx Somalicus), un nombre plus important d’écailles ventrales (193 contre 163 chez Eryx Somalicus), une taille plus petite des Ă©cailles entre le niveau antĂ©rieur des yeux et la rĂ©gion post-nasale (leur nombre minimum le long du milieu de la rĂ©gion du museau est de 3, contre 13/4 chez Eryx Somalicus). Le pattern dorsal prĂ©sente des lignes longitudinales d’un blanc-cassĂ© plus ou moins obliques et fragmentĂ©es alors qu’elles sont transversales chez E. Somalicus."

 

Sa taille rĂ©elle nous est inconnue car on ne peut se baser sur l’étude d’un seul spĂ©cimen. Son alimentation dans la nature Ă©chappe Ă©galement Ă  nos connaissances bien qu’il doit certainement s’alimenter de tout ce qui est Ă  sa taille dans une rĂ©gion dĂ©sertique oĂč la nourriture ne doit pas se trouver Ă  profusion.

 

Nous ignorons Ă©galement son mode de reproduction : ovipare ou vivipare. Nous ne connaissons pas non plus le fonctionnement de sa saison de reproduction.

 

DĂ©tails de la tĂȘte :

 

942950TteEryxBorrii.jpg

 

Le corps de l’holotype aujourd’hui conservĂ© Ă  Londres au BMNH :

 

879727Corpseryxborrii.jpg

 

V. La captivité

 

Du fait de la rĂ©cente dĂ©couverte de cette espĂšce et du nombre plus que rĂ©duit de spĂ©cimens collectĂ©s, il est difficile d’imaginer retrouver ce serpent avant trĂšs longtemps dans nos terrariums. La faible rĂ©partition d’Eryx Borrii implique logiquement une grande fragilitĂ© de cette espĂšce quant Ă  des possibles prĂ©lĂšvements. Cette situation et le peu de rĂ©fĂ©rences scientifiques peuvent Ă©galement nous amener Ă  nous demander si cette espĂšce n’est pas aujourd’hui disparue. Ainsi, il semble important de suivre de prĂšs de futures publications scientifiques sur cette espĂšce, en espĂ©rant que d’autres spĂ©cimens seront trouvĂ©s dans la nature.

 

De plus, il est utile de noter que la rĂ©gion d’origine de ce serpent est quelque peu troublĂ©e. En effet, le Somaliland est un Ă©tat non reconnu par la communautĂ© internationale et, bien que disposant d’un rĂ©gime dĂ©mocratique et d’une certaine stabilitĂ©, des escarmouches entre cet Ă©tat et la Somalie Ă©clatent de temps Ă  autre notamment Ă  l’est. Cette situation peut Ă©galement expliquer le faible taux de prospection scientifiques dans la rĂ©gion.

 

VI. Sources

 

Voici les quelques sources que j’ai utilisĂ© pour faire cet article.

 

1) Littérature sur Eryx Borrii :

 

- Lanza B. et Nistri A., Somali Boidae (genus Eryx Daudin 1803) and Pythonidae (genus Python Daudin 1803) (Reptilia, Serpentes), Tropical Zoology 18 (1), p. 67-136, 2005.

Lien direct article en PDF :

http://www.fupress.net/index.php/tropicalzoology/article/viewFile/120/118

 

2) Le climat en Somalie :

 

- http://www.faoswalim.org/ftp/Water_Repo ... omalia.pdf

 

3) Fiche Wikipédia sur Arthur Donaldson Smith

 

- http://en.wikipedia.org/wiki/Arthur_Donaldson_Smith

 

4) Forums :

 

- http://passion-erycinae.xooit.fr/index.php : forum de passionnés sur les genre Erycinae (Calabaria, Charina, Eryx, Gongylophis et Lichanura)

 

 

Bonne lecture :ok:

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